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Billet de blog 19 décembre 2018

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Elections professionnelles à la RATP : un désaveu pour les syndicats

La légitimité de ce scrutin est donc sérieusement entachée faisant davantage penser à un simulacre d'élections qu'à un vrai rendez-vous démocratique. Et pour cause, les syndicats traditionnels n'ont plus l'adhésion des salariés.

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Les élections professionnelles à la RATP sont terminées et l'heure est venue de faire les comptes. Et ils ne sont bons ni pour l'entreprise, ni pour les syndicats ni pour les salariés. La CGT et l'UNSA sont au coude-à-coude. La représentativité syndicale se décompose comme suit : 42,68% pour l'UNSA, 42,57% pour la CGT et 14,75% pour la CFE-CGC.

Une bonne opération en apparence pour la direction de la RATP qui aura les mains libres pour exécuter en toute liberté l'ultime feuille de route avant la prochaine ouverture à la concurrence qui aura officiellement lieu le 1er janvier 2024. La CFE-CGC et l'UNSA sont dores et déjà prêts à s'assoir à la table des négociations qui réserve un menu diététique aux opérateurs de la Régie. Durcissement des conditions de travail, réduction de jours de congés et de repos, filialisation de l'entreprise.

Le résultat de ces élections fait toutefois ressortir un grand gagnant. L'abstention. Il a atteint 55% contre 35% en 2014 soit une hausse de 20 points. Ce chiffre interpelle et surtout interroge sur la légitimité des représentants élus aux différents CSE puisque plus de la moitié des salariés ont tourné le dos à ces élections professionnelles. Difficile de ne pas voir un désaveu pour toutes les organisations syndicales avec un taux d'abstention aussi élevé. La légitimité de ce scrutin est donc sérieusement entachée faisant davantage penser à un simulacre d'élections qu'à un vrai rendez-vous démocratique. Et pour cause, les syndicats traditionnels n'ont plus l'adhésion des salariés.

L'entreprise ne semble pas donner trop d'importance à ce phénomène qui révèle pourtant un profond malaise social et par effet de ricochet de probables bouleversements aussi soudains que violents dans le sillage du mouvement des gilets jaunes. Le déficit démocratique et de représentativité est donc patent. Les syndicats ne représentent plus les salariés et sont devenus au fil des années l'expression exacerbée d'un opportunisme au service de leur petite boutique. La défense des intérêts et des acquis sociaux qui sont, on le sait, dans la ligne de mire de la direction n'est plus le dénominateur commun des syndicats traditionnels. D'ailleurs le refus catégorique des gilets jaunes d'être récupérés par les organisations syndicales raconte très bien le rejet de ces corps intermédiaires qui font l'objet, à juste titre, d'un sévère amalgame avec le monde politique.

Le grand vainqueur est donc bien l'abstention qui est par la même le grand perdant car sans voix officielle ni officieuse pour porter haut et fort les inquiétudes et les revendications sociales des salariés. Celles-ci étant systématiquement balayées d'un revers de main par un conseil d'administration qui gère l'entreprise d'une main de fer par le prisme purement comptable et financier.

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