Un élu RS-RATP prône publiquement le discours de la direction

La grève à la RATP lancée par l'intersyndicale CGT-UNSA-SAT-SOLIDAIRES-SUD a été un bon début de mobilisation. Le rassemblement au centre bus de Belliard au nord de Paris a permis d'agréger tous les colères qui cohabitent au sein de l'entreprise publique de transport. L'ouverture à la concurrence du réseau bus historique de la ratp est au cœur de toutes les contestations.

La grève à la RATP lancée par l'intersyndicale CGT-UNSA-SAT-SOLIDAIRES-SUD a été un bon début de mobilisation. Le rassemblement au centre bus de Belliard au nord de Paris a permis d'agréger tous les colères qui cohabitent au sein de l'entreprise publique de transport. L'ouverture à la concurrence du réseau bus historique de la ratp est au cœur de toutes les contestations.

Il y a néanmoins un syndicat ou plutôt une organisation se revendiquant comme telle qui a brillé par son absence dans cet appel à la grève lancé par l'intersyndicale. Rassemblement Syndical (RS) n'a en effet pas participé à l'appel à la grève mais s'est tout de même invité à prendre la parole lors de ce rassemblement par la voix d'un de ses élus que nous appellerons Toufik. On dit souvent que le ridicule ne tue pas. Rien n'est moins sûr quand on entend le machiniste expliquer brièvement et dans une cohérence peu amène que les chauffeurs RATP n'ont pas besoin de faire grève car le Cadre Social Territorialisé (CST), ce texte qui dessine les contours des prochaines conditions de travail et de repos des agents, ne concernerait pas les agents RATP. Une contre-vérité qui n'a pas manqué de faire réagir les salariés de l'entreprise en jetant au passage des quolibets à l'intéressé qui aurait visiblement mieux fait de garder le silence.

Un syndicat qui se veut contestataire mais qui explique avec aplomb que les salariés se trompent de combat en faisant grève en a désarçonné plus d'un. Il est à contre-courant du discours ouvrier qui exhorte et assume la nécessité de bloquer l'outil de production pour forcer le patronat à négocier des avancées sociales pour tous les travailleurs.
C'est la direction de la RATP qui s'est frottée les mains ce jour là en écoutant un syndicat nommé Rassemblement Syndical qui s'oppose à l'union de toutes les organisations syndicales. Du jamais vu!

Les élus RS étaient-ils en grève ce 17 décembre? Là encore, rien n'est moins sûr quand on entend l'élu du CSE2 fustigeant les grévistes de ne pas avoir compris le fameux CST. La prise de parole chaotique de Toufik rythmée entre invectives et insultes a déjà franchi des records de vues sur les réseaux sociaux faisant du syndicat qu'il représente la risée de tous les salariés. Il fragilise par la même occasion le socle électoral du dit Rassemblement Syndical qui fond comme neige au soleil vu le bilan calamiteux qu'ils vont devoir défendre aux prochaines élections professionnelles.

Il paraît de plus en plus probable que ce nouveau syndicat à l'allure d'électron libre veuille jouer sa propre partition à l'approche des élections et il y a fort à parier que la posture ou l'imposture du seul contre tous choisie le 17 décembre par RS contribue à l'érosion inéluctable de son propre électorat.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.