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Billet de blog 20 août 2022

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Karting pour les détenus de Fresnes, un moyen de mieux vivre la prison

Les images devenues virales de détenus en train de faire du karting ont déchaîné les passions et provoqué moult indignations. Certains s'offusquant de voir leurs impôts finir en organisation sportive pour les prisonniers, d'autres estimant que la prison doit rester dans l'esprit collectif une maison de correction où seules la coercition et la sanction sont les réponses qu'on doit y apporter.

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Les images devenues virales de détenus en train de faire du karting ont déchaîné les passions et provoqué moultes indignations. Certains s'offusquant de voir leurs impôts finir en organisation sportive pour les prisonniers, d'autres estimant que la prison doit rester dans l'esprit collectif une maison de correction où seules la coercition et la sanction sont les réponses qu'on doit y apporter.

La prison est bien le lieu d'une communauté d'individus qui se sont soustraits à la loi et qui doivent donc payer leur dette à la société. L'objectif de cet enfermement est, ne l'oublions pas, de rendre tous ces hommes, plus sociables, humainement meilleurs pour que leur réinsertion se passe sans ombrage. La récidive étant le risque le plus important auquel sont exposés les détenus une fois leur peine purgée. D'où l'enjeu sociétal majeur de la détention. Des personnalités médiatiques comme Éric Revel, Damien Rieu, le fasciste qu'on ne présente plus mais aussi Matthieu Valet, un porte-parole des commissaires de police ont exprimé leur exaspération de voir ces hommes ordinaires se détendre et oublier un peu leur condition de détenu.

On comprend alors que la prison pour ces défenseurs d'une ligne très droitière en matière de politique pénitentiaire doit être un bagne, c'est-à-dire une l'épreuve d'une vie qui les marquera à jamais au point sans doute d'en sortir psychiquement traumatisé. C'est malheureusement oublier le reste de la problématique qui occupe tous les acteurs de la chaîne pénitentiaire qui s'attèle et toujours avec moins de moyens à faire que ces hommes parfois violents ne soient plus un danger pour la société. Or beaucoup le restent parce que la philosophie pénitentiaire demeure un enferment subi, sans enseignement et sans qu'ils puissent goûter ne serait-ce que de temps en temps aux plaisirs de la vie.

On ne pourra toutefois s'empêcher de relever le deux poids deux mesures dans le traitement médiatique réservé à ces images de détenus momentanément heureux et les images de l'ancien maire de Levallois-Perret qui se pavanait dans les rues de cette petite ville bourgeoise des Hauts-de-Seine après être sorti de la Santé pour "raisons de santé" nous dit-on. D'autant que les délits commis par certains de ces hommes sont objectivement moins graves que ceux perpétrés par l'ancien édile de Levallois-Perret et son épouse. Ni exemplarité, avoir fait partie de la représentation nationale et s'être joué en même temps avec tant de suffisance et d'arrogance des obligations fiscales de son propre pays relève de la désinvolture la plus crasse et mériterait au moins la détention et sans aménagement de peine. Un aménagement de peine dont il a quand même bénéficié sans en respecter pour autant les contraintes mais qui ne l'ont tout de même pas renvoyé en prison.

Alors payer des impôts pour que des détenus se détendent un peu ou payer une retraite dorée pour un voyou de la République, mon choix est fait!

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