Fermeture de la mosquée de Pantin, dissolution du CCIF, de BarakaCity, et après?

Notre ministre accusé notoirement de plusieurs viols vient de décider la fermeture de la mosquée de Pantin. Les désidératas de Zineb El Rhazoui sont des ordres pour Gérald Darmanin. Celle-ci appelle de ses vœux à la dissolution expresse du Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), de l'association caritative Barakacity et la liste risque de s'allonger.

Notre ministre accusé notoirement de plusieurs viols vient de décider la fermeture de la mosquée de Pantin. Les désidératas de Zineb El Rhazoui sont des ordres pour Gérald Darmanin. Celle-ci appelle de ses vœux à la dissolution expresse du Collectif Contre l'Islamophobie en France (CCIF), de l'association caritative Barakacity et la liste risque de s'allonger.

Ainsi l'arbitraire prend le pas sur la raison parce qu'un terroriste a tué un professeur. La justice n'est pas la vengeance, nous dit-on souvent pour expliquer les peines légères dont écopent les pédophiles, les tueurs en série et les violeurs. Mais voilà que l'épopée meurtrière d'un seul homme suffit désormais à prononcer la mort d'associations et d'organisations caritatives dont les seules vocations sont de défendre les musulmans et de faire reculer la pauvreté dans le monde.

Notre pays marche sur la tête. Ce sont donc les musulmans que la société condamne à l'indignité nationale par la folie isolée d'un tueur. Rappelons tout de même qu'à ce jour, les investigations policières, on imagine très poussées, n'ont établi aucune responsabilité du CCIF dans le crime du professeur. Lorsque la barbarie devient une occasion inespérée de mener une cabale contre toute une communauté, c'est que nous quittons peu à peu l'État de droit pour basculer vers l'arbitraire et les lois d'exceptions. Entre le couvre-feu décrié aux quatre coins du pays, une police aux pouvoirs élargis et le projet de loi sur le séparatisme qui, on devine, réserve des débats au mieux stigmatisants au pire ouvertement racistes, les libertés reculent inexorablement. C'est donc toute une religion et aux croyants qui s'y réfèrent qu'on met sur le banc des accusés place publique.

Pourtant Brenton Tarrant, le tueur en série de Christchurch en Nouvelle-Zelande s'était inspiré de la théorie du grand remplacement développée par Renaud Camus. C'est en tout cas ce qu'il a affirmé dans son manifeste qu'il a publié sur la toile pour revendiquer l'attaque la plus meurtrière que le pays n'a jamais connue. L'intellectuel d'extrême-droite n'a jamais été inquiété par la police. Et pourtant son disciple avait ôté la vie à des dizaines et des dizaines de fidèles musulmans dans une mosquée en quelques minutes. Une idée et une force qu'il a puisées dans l'idéologie mortifère de l'écrivain français. L'exemple parfait d'un deux poids deux mesures qui démontre la fixette que fait ce gouvernement sur les musulmans de France.

Ceux qui nous gouvernent croient bon de fermer les mosquées et les associations islamiques. Nous allons donc revenir à l'islam des caves et à ses dérives pour flatter les instincts les plus vils de ce pays. Soit mais lorsqu'on comprendra que ce changement créera plus de terroristes qu'il n'en défait, il sera trop tard.

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