Une déléguée syndicale Sud Rail menacée de révocation à la SNCF

La SNCF continue sans vergogne son travail de sape sociale. Bon nombre d'agents SNCF voient désormais leur entreprise comme le probable lieu de leur futur cimetière.

La SNCF continue sans vergogne son travail de sape sociale. Bon nombre d'agents SNCF voient désormais leur entreprise comme le probable lieu de leur futur cimetière. La compagnie ferroviaire fait face à une vague de suicides sans précédent. Pas moins de 57 suicides pour l'année 2017. Du jamais vu. Le dernier suicide en date remonte au 6 mai 2019.

Et comme si ces drames en pagaille ne suffisaient pas, la direction de l'entreprise envisage de licencier une syndicaliste Sud rail et pour cause. Le syndicat dénonce avec constance et depuis des années la dégradation des conditions de travail et un management aux abois qui pousse sans cesse les agents dans leurs retranchements. Sud a été très active et surtout en pointe dans la grève du printemps de 2018 et Guillaume Pepy semble ne pas avoir digéré la pilule. Les pertes pour l'entreprise suite au mouvement social de l'an dernier se chiffrent en centaines de millions d'euros et la direction est bien décidée à faire payer la note aux élus et délégués Sud qui sont mis au banc des accusés.

Les conseils disciplinaires pleuvent pour les élus et militants Sud et les nombreux suicides de cheminots censés alerter sur le climat social épouvantable qui sévit dans l'entreprise laissent la direction de marbre.

La prochaine victime s'appelle Linda Zehrdy. Elle va probablement payer au prix fort son engagement syndical puisque l'inspection du travail a donné son feu vert au licenciement de celle-ci. La direction qui confond son rôle avec celui de bourreau se réfugie derrière une erreur de gestion d'un sac abandonné. La belle affaire! Il n'en faut pas plus pour mener une cabale punitive contre tous ceux qui dénoncent le scandale de la future privatisation de la SNCF.

Guillaume Pepy sait pourtant que l'entreprise dont il a la gestion est devenue le symbole de la souffrance et du mal-être au travail mais comme il sait aussi qu'il ne sera jamais poursuivi pour ses choix managériaux calamiteux qui ont coûté la vie à de nombreux agents SNCF, il continue à resserrer l'étau autour des syndicalistes pour qui le mot honneur a encore un sens.

Alors l'entreprise va-t-elle licencier Linda Zehrdy parce qu'elle a osé tenir tête à l'équipe dirigeante? Il y a fort à parier que oui car Guillaume Pepy fait tout pour "sauver" l'entreprise qu'il dirige. Un peu comme Didier Lombard jadis. Comprenne qui pourra. "Sauver" l'entreprise mais pas ses salariés. Un sinistre paradoxe qui trouve malheureusement un écho auprès des juges dans le procès France Telecom et dont le verdict risque bien d'être une honte pour la justice française.

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