Défiler pour défendre la liberté d'expression

C'est probablement aujourd'hui que se joue l'avenir de la liberté d'expression. La manifestation prévue ce jour va en effet s'attacher à montrer l'importance de cette liberté si chèrement acquise.

C'est probablement aujourd'hui que se joue l'avenir de la liberté d'expression. La manifestation prévue ce jour va en effet s'attacher à montrer l'importance de cette liberté si chèrement acquise.

Voilà déjà quelques années que les libertés fondamentales reculent inexorablement dans notre pays. Il faut donc espérer que la mobilisation d'aujourd'hui apportera des résultats plus probants que ne l'ont été les précédentes. Cette loi sur la dite sécurité globale jette une lumière crue sur le deux poids deux mesures d'Emmanuel Macron et de son gouvernement quant à leur conception de la liberté. Le président et ses ministres s'indignaient il y a peu encore suite au meurtre de Samuel Paty en invoquant la liberté d'expression comme un pilier de notre démocratie, enfin de ce qu'il en reste. Mais la liberté d'expression n'est-elle pas une et indivisible comme la France elle-même? Comment défendre la liberté de dessiner des caricatures et en même temps refuser aux citoyens de filmer des policiers pendant leurs interventions?

Internet et les réseaux sociaux ont été un formidable vecteur de diffusion d'images de violences policières qui ont d'ailleurs été dénoncées par plusieurs instances internationales. Les images de bavures ne se comptent plus et affirmer face caméras que la police est républicaine n'est qu'un mensonge de plus proféré à la clairvoyance des citoyens.

Qui est-il question de convaincre? Les citoyens en tout cas ne croient plus en la légitimité de la police qui fait d'ailleurs davantage penser à une milice organisée et sans garde fou, aucun. Comment dans ce cas interdire de capter des images de policiers alors que ce sont les seules preuves exploitables par la justice pour rendre son verdict dans les affaires de violences policières? Cette loi porte mal son nom car elle met désormais les citoyens dans un sentiment d'insécurité permanent face à une police qui voit son impunité sanctuarisée au détriment de la liberté de s'exprimer et de manifester. 


Ceci montre en tout cas que le président n'est pas plus attaché à la liberté d'expression qu'à la liberté de faire des caricatures. Le meurtre de Samuel Paty a été une simple opportunité politique de s'ériger en défenseur de la liberté d'expression ce qu'il n'a en réalité jamais été.

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