Inquiétudes autour de propos racistes trouvés à l'Ecole Nationale de la Magistrature

Hier Envoyé Spécial nous révélait les éléments édifiants de l'enquête visant les policiers qui ont procédé à l'arrestation très controversée de Michel Zecler, ce producteur de musique de couleur noir.

Hier Envoyé Spécial nous révélait les éléments édifiants de l'enquête visant les policiers qui ont procédé à l'arrestation très controversée de Michel Zecler, ce producteur de musique de couleur noir. Messages racistes voire suprématistes trouvés dans leur téléphone, mais aussi de haine et une volonté manifeste de tuer en masse toute une frange de la population issue des minorités visibles ou invisibles (noirs, arabes, juifs, homosexuels) et tous ceux qui ne rentrent pas dans les stéréotypes de race et de couleur en lesquels ils ont foi. Le même jour Mediapart nous apprenait que la justice est potentiellement frappée par ce même fléau au sein de la magistrature.

Les inscriptions racistes trouvées dans un classement informel d'étudiants à l'Ecole Nationale de la Magistrature jettent un sérieux doute sur notre justice. Le phénomène n'est pas encore quantifié mais savoir qu'un ou plusieurs étudiants aux idées xénophobes seront souverains pour trancher sur des affaires de droit commun inquiète et nous renseigne surtout sur l'ampleur de cette idéologie qui gagne inéluctablement du terrain. Les citoyens n'ont plus confiance en leur police mais doivent-ils inscrire cette même défiance vis-à-vis de la justice également? Les inscriptions appelant à élire Marine Le Pen montrent en tout cas qu'il y a vraisemblement des magistrats qui votent pour le parti d'extrême-droite. Or jusqu'à preuve contraire, le RN fait bien l'apologie de la stigmatisation raciale et religieuse et prône des mesures foncièrement discriminatoires à l'encontre de toute une population immigrée ou issue de la immigration.

S'il est permis de voter Marine Le Pen, savoir qu'un magistrat vote pour celle qu'on donne en tête des sondages pose un vrai problème déontologique car cela dit bien que le ou la magistrat(e) est forgé(e) idéologiquement par les préceptes et les idées d'exclusion et d'intolérance. On peut alors imaginer qu'un délinquant de couleur basanée, noir où avec un nom à consonance maghrébine par exemple sera sujet à se voir appliquer une peine plus sévère. De quoi mettre un coup de canif de plus au pacte républicain.
L'opinion publique retient son souffle face à de telles révélations car s'il est avéré que la racisme est un phénomène structurel au sein de la magistrature, c'est qu'il n'y a définitivement plus d'espoir de miser sur une institution éthiquement responsable dans notre pays.

Les idées de Marine Le Pen ont visiblement bien progressé et infiltré toutes les couches sociales et sans doute toutes les professions, même les plus insoupçonnées.

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