COVID19 : les tests réservés en priorité à la classe dominante

"Il n'y a pas de tests pour tout le monde". C'est ce que nous martèle en boucle les médecins et spécialistes du coronavirus sur tous les plateaux de télévison. Le manque de tests de dépistage est le plus grand obstacle à l'éradication de la pandémie.

"Il n'y a pas de tests pour tout le monde". C'est ce que nous martèlent en boucle les médecins et spécialistes des épidémies sur tous les plateaux de télévison. Le manque de tests de dépistage est le plus grand obstacle à l'éradication de la pandémie. Ces tests n'étant déployés que pour les cas dont l'état de santé est grave selon les propos de Jerôme Salomon, directeur général de la santé. L'usage au compte-gouttes de ces tests permettrait ainsi de juguler la maladie tant bien que mal même si l'on sait que le pic est encore loin d'être atteint.

Mais si les tests sont si rares, pourquoi a-t-on dépisté à la vitesse de l'éclair le ministre de la Culture Franck Riester, le maire de Nice Christian Estrosi et la secrétaire d'Etat à l'Ecologie Emmanuelle Wargon alors que ces derniers ne présentaient que des signes benins de la maladie d'après leurs déclarations respectives?

On comprend donc que la version officielle des autorités sanitaires ne cadre pas du tout avec la réalité que constatent les classes populaires notamment celles qui travaillent quotidiennement au péril de leur vie. Des tests réservés prioritairement à la classe dominante? Il semble bien que ce soit la consigne donnée alors que l'enjeu sanitaire mérite de faire tomber toutes les distinctions sociales.

La réalité montre en tout cas que la lutte des classes va incontestablement se durcir avec cette séquence sanitaire désastreuse car dépister dans l'urgence des ministres et des secretaires d'état alors que dans le même temps, des malades anonymes ne sont testés positifs pour certains d'entre eux qu'après leur décès démontre un traitement socialement et scandaleusement inégalitaire de l'épidémie. Dans l'abondance comme dans l'adversité, ce gouvernement n'a décidément plus rien d'humain et ce n'est pas le projet de loi d'urgence sanitaire qui fera changer d'avis les salariés sur cet exécutif qui ne tient plus qu'à un fil.

Cette profonde injustice sociale qui est quelque part structurante de ce pouvoir aggrave ainsi davantage la crise démocratique dans laquelle est plongée la France et dont elle ne se relèvera pas tant que cette bourgeoisie continuera de régner sans partage sur un pays au bénéfice d'une oligarchie choyée jusqu'à l'indécence.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.