Le chaos hier dans la capitale après la défaite du PSG

La défaite du PSG montre à quel point le football version 2020 n'est plus ce sport noble qui fédérait les supporters dans le respect de l'équipe adverse. Nous avons assisté hier à des scènes de chaos en plein cœur de la capitale suite à la victoire du Bayern de Munich.

La défaite du PSG montre à quel point le football version 2020 n'est plus ce sport noble qui fédérait les supporters dans le respect de l'équipe adverse. Nous avons assisté hier à des scènes de chaos en plein cœur de la capitale suite à la victoire du Bayern de Munich. Les images de casse sont épouvantables. Voitures vandalisées, vitres commerçantes pulvérisées et affrontements entre supporters et forces de police. Voilà les "merveilleuses retombées économiques" du match de phase finale de la ligue des Champions. Et qu'on se rassure, une victoire du PSG aurait donné lieu au même spectacle de désolation.

Le football contemporain que les spécialistes nous présentent comme générateur d'emplois et de richesses n'est finalement qu'un instrument qui anesthésie les consciences sociales et morales. Sinon comment accepter que Paris soit mise à sac par des individus prétendument supporters du PSG? Cette violence primaire relayée dans le monde entier après le match de phase finale de ligue des Champions hier n'est-elle pas le reflet de la violence d'un modèle économique qui n'a plus rien à proposer à part son cortège de misère et de denument. Quel est le coût de ces dégradations et du déploiement de toutes les forces de sécurité qui, rappelons le, seront couverts par nos impôts et plus spécifiquement par les impôts de ceux qui ne peuvent pas dissimuler leur argent au Lichtenstein ou au Panama.

Comment est-on arrivé à ce niveau de vacuité intellectuel de tous ces hommes qui pleurent, qui cassent parce que leurs joueurs fétiches surpayés n'ont pas gagné une compétition sportive? De la même façon qu'on peut se demander aussi comment des Français, ces hommes et femmes descendants de Montesquieu et de Jaurès peuvent envisager d'aller au Qatar pour assister à la coupe du monde en 2022 alors que les stades, de véritables prouesses technologiques, ont été construits avec le sang des travailleurs asiatiques notamment en leur infligeant des conditions de travail abominables. Ces Français si prompts à condamner les injustices sociales, l'apartheid dont sont victimes les jeunes de banlieues ne peuvent plus faire comme s'ils ne savaient pas.

Supporter le football aujourd'hui, c'est soutenir l'idéologie mortifère qu'il répand dans le monde. Et les images de casse que chacun a pu voir hier de son poste de télévision démontrent encore une fois que le football professionnel n'est pas un bienfait mais plutôt une machine à broyer les plus faibles de ce monde et ni les paillettes ni les lumières qui brillent de mille feux ne peuvent faire oublier le mal que ce football fait à notre société.

Karl Marx disait bien que la religion est l'opium du peuple. On peut dire aujourd'hui que l'opium du peuple a pris la forme d'un ballon rond qu'une poignée d'individus se disputent, un peu comme ces gladiateurs se battaient jusqu'à la mort pour avoir les faveurs de César. Ces morts ne sont pas visibles sur nos écrans mais une réflexion, fût-elle minimaliste permet de comprendre le caractère mortifère de ce dit spectacle. 

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