RATP-SNCF : le droit de grève dans le collimateur de la droite

La grève du 5 décembre rend décidément  le personnel politique très fébrile. Il faut dire que celle-ci s'annonce massive et des blocages majeurs sont à prévoir. En réponse le sénateur LR, Bruno Retaillau va proposer une loi instaurant un "service minimum garanti" à la SNCF ou à la ratp.

La grève du 5 décembre rend décidément  le personnel politique très fébrile. Il faut dire que celle-ci s'annonce massive et des blocages majeurs sont à prévoir. En réponse le sénateur LR, Bruno Retaillau va proposer une loi instaurant un "service minimum garanti" à la SNCF ou à la ratp. Réquisitionner le personnel gréviste dans le cas où un mouvement social serait trop massif et perturberait trop les rotations de transports, c'est l'idée qu'a avancé fièrement au JDD le sénateur de Vendée pour endiguer la protestation sociale qui démarre le 5 décembre prochain.

Quel avenir radieux! Cela traduit bien en tout cas le sentiment de panique qui saisit l'establishment politique bien-pensant et dont l'aisance et l'abondance empêchent visiblement de prendre toute la mesure du mouvement social qui se prépare. La population est prête à amputer son pouvoir d'achat déjà bien éprouvé par la rudesse de la vie pour mettre un coup d'arrêt définitif à cette saignée sociale. De la réduction des APL pour les étudiants à la réforme de l'assurance-chômage qui va mettre des milliers d'hommes et de femmes dans la rue dès la fin du mois de novembre en passant par la suppression pure et simple du statut de cheminots, tous les sacrifices sont bons pour maintenir le train de vie du personnel politique et sauvegarder les super profits du cac40 qui flirtent désormais avec les 90 milliards d'euros.

Le ras-le-bol commence sérieusement à se faire sentir au plus haut sommet de l'exécutif d'où cette proposition de loi visant à durcir davantage le droit de grève. La déclaration d'intention individuelle avait déjà fait reculer le droit de grève en 2008 mais là, c'est une véritable déclaration de guerre à laquelle se livre le président des sénateurs LR qui, au lieu de servir de contre-pouvoir comme aiment à nous le rappeler les élus de cette institution qui dort beaucoup mais travaille peu, marche au contraire dans le sillage du gouvernement et prend ainsi le relais, en pleine conscience, d'une politique rétrograde et réactionnaire.

L'idée par essence de la grève étant bien de générer des perturbations majeures pour mettre en place un rapport de force qui déterminera in fine la rédaction d'un compromis social entre le gouvernement et les partenaires sociaux. Or limiter ces perturbations par la réquisition du personnel roulant signerait tout bonnement la fin du droit de grève et nous ramènerait ainsi à l'instauration du délit de coalition proposée par Le Chapelier le 14 juin 1791.

Un bon en arrière en totale contradiction avec l'esprit de l'Histoire de France bâtie sur les idées émancipatrices de Montesquieu et Diderot. Des penseurs émérites dont l'héritage politique risque bien de se dissoudre dans les méandres de l'oublie si nous ne faisons rien.

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