Passe sanitaire : ce pays où les libertés reculent inexorablement

Cette loi anti-covid19 qui va rendre obligatoire la présentation d'un passe sanitaire pour entrer dans un restaurant, un bar, un café ou tout simplement pour garder son emploi donnent la mesure de son caractère hautement liberticide.

Cette loi anti-covid19 qui va rendre obligatoire la présentation d'un passe sanitaire pour entrer dans un restaurant, un bar, un café ou tout simplement pour garder son emploi donnent la mesure de son caractère hautement liberticide.

Ce quinquennat a permis d'adopter déjà plusieurs lois ou mesures pour faire reculer les libertés fondamentales. On peut citer la loi anticasseurs, la loi sur le secret des affaires, le confinement, le couvre-feu, la dite réforme de l'assurance-chômage qui durcit les conditions d'accès au système assurantiel des sans-emplois et on pourrait en citer bien d'autres. Cela fait longtemps, il est vrai, que les libertés sont attaquées, mais jamais la France n'a connu une telle salve de lois aussi liberticides. Nous voilà aujourd'hui contraints de nous faire piquer ou de nous faire rentrer une tige de dix centimètres dans les narines pour prendre un café ou inscrire nos enfants à une activité sportive. Il n'y a que les scénaristes des films de science-fiction hollywoodiens qui ont prévu une telle décadance de notre monde. Personne n'a pensé un jour que les personnes non-vaccinées seraient mises en banc de la société. C'est désormais chose faite et cette fuite en avant d'un pouvoir autoritaire voire totalitaire ne dit rien de bon pour l'avenir qui s'écrit.

Mai 2022, c'est bientôt et pourtant quand on voit autant de reculs, de renoncements et de compromissions en si peu de temps, il y a fort à parier que cette déchéance morale se poursuive jusqu'au dernier jour de ce sinistre quinquennat. Sera-t-il encore possible de vivre en France dans un contexte où l'expression est muselée, les manifestations réprimées, les acquis sociaux supprimés et enfin des vaccins imposés? C'est bien la France, ce pays qu'on appelle encore le pays des Lumières mais qui n'éclaire malheureusement plus. Les intellectuels des chaînes d'information mainstream vivent dans la nostalgie du fascisme, nos politiques œuvrent pour une société de la surveillance généralisée et les institutions policières et judiciaires sont aux ordres d'une caste parfaitement bien  organisée. Il ne reste donc plus que les manifestations pour crier sa colère et son  désarroi. BFMTV, CNEWS et consorts pourront toujours dire que les derniers samedis n'ont pas été mobilisateurs mais les médias alternatifs, les réseaux sociaux se suffisent à eux-mêmes pour montrer cette effervescence populaire qui secoue la France. Quant aux sondages commandés par l'exécutif aux résultats plus que douteux, la population a appris aussi à s'en méfier.

À la veille d'une campagne présidentielle qui s'annonce plein de promesses faites par celles et ceux qui étaient aux affaires hier alors qu'ils ont participé à cette déroute nationale, les Français, à défaut d'accepter de se faire vacciner, sont au moins vaccinés contre les illusions.

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