Premier anniversaire de l'exode des Rohingyas, dans l'indifférence

Nous célébrons aujourd'hui le triste anniversaire de l'exode des Rohingyas vers le Bangladesh. Un déchirement pour ceux qui ont du quitter leur terre natale et qui ont laissé derrière eux leur maison et toute une vie ravagée par les violences.

Je suis à peu près sûr que mon billet ne rencontrera pas le succès qu'il mérite car j'ai compris depuis longtemps que le massacre à ciel ouvert des musulmans de Birmanie n'intéresse pas ou peu de monde. En même temps, écrire et relayer même seul au milieu du désert subsaharien sera toujours utile pour ne pas laisser ce crime de guerre tomber dans l'oublie.

Nous célébrons aujourd'hui le triste anniversaire de l'exode des Rohingyas vers le Bangladesh. Un déchirement pour ceux qui ont du quitter leur terre natale et qui ont laissé derrière eux leur maison et toute une vie ravagée par les violences. Les images de torture qui ont défilé sur la toile n'ont généré aucune réaction politique alors que les viols, des bébés brûlés vifs et des corps sans vie à perte de vue ont été relayés par des temoins et des ONG qui ont pourtant crié de toute leur force qu'un nettoyage ethnique étaient entrain d'avoir lieu. En vain.

Je ne peux m'empêcher de penser que le coupable de cette indifférence est leur appartenance à la religion musulmane. Sinon comment expliquer que notre diplomatie ne se soit jamais émue devant la barbarie d'un peuple bouddhiste supposé pacifique et avec l'aval des plus hautes autorités du pays? L'éloignement géographique n'explique pas tout car la France a réagi très vite aux persécutions de la minorité chrétienne d'Irak, les Yezidis en accueillant bon nombre d'entre eux et c'est heureux d'ailleurs. Mais n'a pas droit à la compassion française qui veut. 700000 Rohingyas se sont installés au sud du Bangladesh dans la province de Kutupalong dont on dit que c'est le plus grand camp de réfugiés au monde.

Des occasions d'élever notre pays au rang des nations justes, la France en a laissé passer beaucoup et celle-ci en fait partie. Mais peut-on incriminer un pays de ne pas dénoncer l'inacceptable alors qu'il vend des armes dont la finalité n'est autre que de devenir des bourreaux pour des enfants et civils de tous bords? On peut en tout cas se féliciter de voir que la ville d'Edimbourg a retiré son prix de la Liberté à Aung San Suu Kyi pour avoir refusé de condamner le massacre des Rohingyas.

Ça ne changera pas la face du monde certes, mais symboliqement ça veut dire beaucoup et si cela peut emmener dans son sillage Oslo à retirer à cette femme sanguinaire le prix Nobel de la Paix, le monde des symboles ne s'en portera que mieux.

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