Il faut se taire dans les transports en commun

Il faut se taire dans le métro. C'est en somme la recommandation lunaire faite par l'Académie de Médecine pour éviter aux usagers de contracter le covid19.

Il faut se taire dans le métro. C'est en somme la recommandation complètement ubuesque faite par l'Académie de Médecine pour éviter aux usagers, dit-elle, de contracter le covid19.

On ne sait plus jusqu'où ira cette désocialisation de la population. Les rapports humains se délitent à une vitesse encore jamais vue. On ne se serre plus la main pour se dire bonjour, on ne se fait plus la bise, les étreintes sont également proscrites, le tout en gardant une distance physique d'au moins deux mètres et en portant un masque s'il vous plaît. Après cette recommandation de l'Académie de Médecine pour le moins lunaire, on se demande quelle sera la prochaine injonction de nos savants pour nous isoler encore davantage. Respirer le moins possible? Fermer les yeux quand on est assis? Ne pas tourner la tête?

Cette gestion sanitaire prend inexorablement le chemin d'une dictature sanitaire qui ne dit pas son nom où chacun se sent oppressé par autant de consignes sanitaires instrusives du Ministère de la Santé, de Santé Publique France, de l'Agence Régionale de la Santé et même de l'Académie de Médecine. Serrer ses parents contre soi, se réunir entre amis pour un repas festif ou prendre un café même seul dans un bar sont des habitudes qui disparaissent peu à peu de notre mode de vie au grand dam des personnes âgées, des jeunes étudiants, des enfants et de tant d'autres qui voient leur vie sociale dépérir jusqu'à leur probable extinction. Les suicides et les syndromes dépressifs sont autant de maux qui se développent de façon inquiétante face à tous ces impératifs venus d'en haut pour réduire chacun d'entre nous à un maillon faible. Un maillon faible, c'est bien ce que nous sommes en train devenir car si ce n'est pas la covid qui nous tuera, c'est la pauvreté, l'isolement ou le chômage qui s'en chargera.

Alors est-il si salutaire que cela de rompre tout lien social quand on voit la dégradation de la santé mentale de notre société? La question se pose legitimement quand on voit le spleen que chacun traverse. Ce qui est sûr est que mourir d'une vie pleine vaudra toujours mieux que de vivre dans la crainte de mourir.

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