Sandrine Rousseau comparée à une "sorte de Greta Thunberg ménopausée" sur CNews

CNews est décidément la chaîne de tous les possibles. On peut tout y asséner sans l'inquiétude de se faire éjecter. Guillaume Bigot, un intervenant régulier de la chaîne, a tenté de décrypter le phénomène Sandrine Rousseau après les primaires écologistes qui l'ont propulsée au second tour.

CNews est décidément la chaîne de tous les possibles. On peut tout y asséner sans l'inquiétude de se faire éjecter. Guillaume Bigot, un intervenant régulier de la chaîne, a tenté de décrypter le phénomène Sandrine Rousseau après les primaires écologistes qui l'ont propulsée au second tour. Celle-ci a été très élégamment comparée à une "sorte de Greta Thunberg ménopausée". Les femmes ménopausées ou en passe de le devenir apprécieront...

On s'attendait à une analyse politique digne de ce nom même si c'est trop espérer lorsqu'on regarde CNews mais le niveau est tombé extrêmement bas ce dimanche. Guillaume Bigot, cet homme au corpus idéologique très proche d'Éric Zemmour a dégainé ce terme avec une sérénité décoiffante. Sans trop comprendre ce que la ménopause a à faire là-dedans, les téléspectateurs n'ont pu qu'observer la médiocrité crasse des propos tenus par ce chroniqueur. On comprend dans la bouche de Guillaume Bigot que la ménopause n'est pas une qualité mais plutôt une tarre bien féminine celle-la et étrangement, un tarre qui s'adapte parfaitement à la critique supposée politique exprimée par l'intervenant contre Sandrine Rousseau. Dans le monde de Bolloré, tout est permis et surtout le pire. On peut être sexiste, raciste, homophobe sans jamais se faire recadrer. Cnews est désormais la chaîne de toutes les transgressions et celle-ci figure désormais en haut du podium car peu de téléspectateurs imaginaient que le positionnement politique de Sandrine Rousseau pouvait être analysé par le prisme de l'intimité féminine.

Guillaume Bigot sera-t-il sanctionné ou rappelé à l'ordre? Rien n'est moins sûr car cette sulfureuse déclaration a créé le bad buzz mais dans bad buzz, il y a buzz et pour la direction de Cnews c'est tout ce qui compte. D'où les sorties toujours plus hasardeuses des chroniqueurs qui officient sur cette chaîne et qui n'ont rien à envier au polémiste Eric Zemmour. En tout cas, prendre les fonctions ovariennes d'une femme politique comme angle d'attaque nous fait plonger dans un vide abyssal vertigineux que seule une bonne respiration peut nous aider à retrouver nos esprits. S'il est encore nécessaire de prouver que les propos et plus généralement la ligne éditoriale de Cnews sentent le soufre, la dernière sortie en date est une illustration supplémentaire de cette médiocrité finie.

Le fabuleux monde de Vincent Bolloré est donc cet univers permissif offert par le milliardaire breton qui apprécie visiblement beaucoup le côté transgressif de son joujou médiatique. La prochaine fois qu'une femme déplaira à cette caste bien choyée pour son positionnement politique ou intellectuel, pourquoi ne pas invoquer carrément son cycle menstruel? Après tout, Vincent Bolloré est près à soutenir tous les dérapages sexistes et racistes pourvu que les audiences sont là!

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