Les allocataires des APL dans le viseur d'Emmanuel Macron

Nous en sommes au 23ème jour de grève et le gouvernement est en vacances. Allez comprendre! Pire que ça, la ministre des Transports, Elisabeth Borne est à Marrakech alors que les Transports sont en grève.

Nous en sommes au vingt troisième jour de grève et le gouvernement est en vacances. Allez comprendre! Pire que ça, la ministre des Transports, Elisabeth Borne est à Marrakech alors que les Transports sont à l'arrêt. Les grévistes perdent chaque jour une portion de leur maigre salaire pendant que le gouvernement accompagné du président de la République sont totalement débranchés.

Est-il possible de mépriser autant des salariés en grève comme le font ces dits représentants du peuple? On croyait que les leçons des gilets jaunes avaient été tirées et le dialogue social réparti sur de bons rails. Un leurre...comme tant d'autres.

Et comme si cette réforme des retraites ne suffisait pas à attiser le feu social dans le pays, on apprend par le Canard Enchaîné que le gouvernement a dans ses cartons la future réforme des APL. Et qui dit réforme, dit recul des droits et des acquis bien évidemment s'il est encore nécessaire d'expliquer la politique version LREM. La réforme prévoit des baisses voire des suppressions d'APL pour de nombreux allocataires, soit 1000 euros de moins en moyenne par an et par foyer. Un coup de canif en plus dans le contrat social qui ne manquera pas de jeter encore à la vindicte populaire les nécessiteux et les précaires de notre pays en les faisant passer pour des fainéants et des assistés.

Jamais un président, qui de surcroît le plus mal élu de la cinquieme République et le plus impopulaire de tous, n'aura mené une offensive d'une si grande ampleur contre la solidarité bâtie laborieusement, pierre par pierre et ce pendant de longues...très longues années. Hier les étudiants et retraités, aujourd'hui les chômeurs et les conducteurs de bus, métros et rer, demain les allocaires des APL. Et nous avons en prime un personnel politique qui ment devant la représentation nationale, qui dissimule son argent au fisc, qui instrumentalise les institutions de la République à des fins partisanes et fait des lois sur mesure pour l'oligarchie financière car retour d'ascenseur oblige.

Que reste-t-il alors d'humanité dans ce gouvernement? On se le demande car ce quinquennat ressemble à un cauchemar éveillé. Et si on met en perspective ce gros mastodonte de la finance qu'est BlackRock placé en embuscade pour nous "assurer" et surtout nous dépouiller des derniers deniers dont nous disposerons, l'espoir est mince de renouer avec une politique humaniste et soucieuse d'équité et de justice sociale.

Sauf que l'histoire n'est jamais écrite à l'avance et il serait bon qu'Emmanuel Macron se souvienne qu'il gouverne un pays qui a coupé la tête de son roi en 1793.

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