Pompiers et policiers habituellement main dans la main se retrouvent face-à-face

Les images sont désolantes et en même temps disent l'étendue du malaise social qui saisit la France depuis l'élection d'Emmanuel Macron. Les pompiers ont manifesté aujourd'hui pour s'opposer à leur tour contre la réforme des retraites. Des CRS surentraînés au matraquage et au tabassage ont laissé parler leur "art" pour mater cette rébellion.

Les images sont désolantes et en même temps disent l'étendue du malaise social qui saisit la France depuis l'élection d'Emmanuel Macron. Les pompiers ont manifesté aujourd'hui pour s'opposer à leur tour contre la réforme des retraites. Des CRS surentraînés au matraquage et au tabassage ont laissé parler tout leur "art" pour mater cette rébellion.

Deux corporations qui travaillent au quotidien main dans la main se retrouvent aujourd'hui face-à-face, voilà l'exploit du président de la république. Lorsque les pompiers et les policiers s'affrontent, on a de bonnes raisons de s'inquiéter pour la cohésion nationale car, à l'évidence, celle-ci se délite à mesure que la politique gouvernementale avance. L'exécutif au plus bas dans les sondages, un mouvement social massivement soutenu par l'opinion publique et un Conseil d'État qui se montre particulièrement critique vis-à-vis de cette réforme qui n'est en réalité qu'un recul social d'une ampleur préoccupante. Voilà l'implacable constat que refuse de faire le pouvoir.

Alors que le navire France court droit au désastre, le cap politique reste le même car les appétits financiers des fonds de pension prévalent sur la préservation du bien commun. Des policiers qui tabassent des pompiers sans retenue, cela traduit à tout le moins une société en pleine déliquescence voulue et organisée par une caste qui n'a que faire des contre-pouvoirs, de l'expression populaire et de la tradition sociale de tout un pays.

La police s'est déjà tristement illustrée ces derniers mois dans nombre de bavures qui ont fini par convaincre les Français de divorcer avec cette institution dont la mission s'est bien éloignée de celle du maintien de l'ordre. La garantie du régime spécial des policiers suffit donc à cette corporation pour exécuter sans sourciller les ordres d'une classe politique à la botte d'une finance sanguinaire.

Pas étonnant dans ces conditions que le capital sympathie mis au crédit de la police depuis les attentats de Charlie Hebdo se soit effondré. En acceptant de devenir une police politique, cette administration tourne ainsi le dos à la France, son esprit révolutionnaire et à l'impérieuse nécessité d'une émancipation sociale pour écrire une nouvelle page de l'histoire.

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