Gérald Darmanin "s'étouffe" quand il entend parler de violences policières

Quand la provocation n'a plus de limite, ça donne Gérald Darmanin au ministère de l'Intérieur. Ce dernier a dit en commission des lois hier à l'Assemblée Nationale "quand j'entends le mot violence policière, moi personnellement je m'étouffe".

Quand la provocation n'a plus de limite, ça donne Gérald Darmanin au ministère de l'Intérieur. Ce dernier a dit en commission des lois hier à l'Assemblée Narionale "quand j'entends le mot violence policière, moi personnellement je m'étouffe". 

"J'étouffe" sont les derniers mots de Cédric Chouviat avant qu'il ne succombe à son interpellation violente. Le scandale n'est visiblement jamais très loin avec monsieur Darmanin qui utilise délibérément une sémantique visant à provoquer les détracteurs de ces violences policières. Utiliser les mêmes termes que ceux prononcés par Cedric Chouviat avant sa mort n'est pas un hasard. Ils envoient un message clair destiné à l'opinion publique convaincue que l'institution policière pose un vrai problème de légitimité quant à la violence pratiquée sur les citoyens.

Bon nombre de policiers salissent l'uniforme et déshonorent tout une profession. Les nombreux enregistrements et signalements démontrent sans détour ces dérives qu'on peut aujourd'hui qualifier de systémiques. Et entendre Gérald Darmanin utiliser un terme que notre inconscient collectif associe désormais à la mort de Cedric Chouviat s'inscrit dans la démarche de légitimer coûte que coûte cet appareil sécuritaire pourtant décriée par une majorité de Français.

En plus d'être accusé de plusieurs viols, voilà notre ministre de l'Intérieur qui s'accapare les mots sinistrement connus d'une défunt. Quelques semaines à place Beauvau auront suffi à donner la nausée aux féministes et aux militants contre les violences policières. Cette maladresse qui n'en est pas vraiment une aura au moins permis de maintenir l'affaire Cedric Chouviat sous le feu des projecteurs. D'autant que celle-ci recèle plusieurs zones d'ombres qui doivent être éclaircies car tout porte à croire que le père de famille a bien été étouffé suite à son plaquage ventral.

Gérald Darmanin va pourtant devoir s'habituer à ces critiques vis-à-vis de l'administration qu'il dirige et surtout redresser la barre de ses prestations calamiteuses car, ni ses leçons de vertu à Saint-Etienne-du-Rouvray, ni ses airs de vierge effarouchée ne feront oublier aux citoyens qu'il est accusé d'avoir exigé des fellations à des femmes en situation de faiblesse contre ses interventions grâce aux pouvoirs que lui confèrent ses mandats politiques.

Espérons qu'il ne commettra pas l'impair de dire la prochaine fois lorsqu'il entendra parler de violences policières "je ne peux plus respirer"...

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