L'ordre et le libre arbitre.

Aujourd'hui les supports culturels sont divers et variés. Les livres sont quotidiennement remplacés par des écrans. Même s'il pourrait m'arriver de vouloir un monde de black-out, ces supports existent, touchant une majeure partie de la population terrestre. Alors, je les utilise pour qu'on puisse en sortir, un instant, afin de reprendre nos facultés d'analyses et de critiques.

« Le peuple n’a jamais le pouvoir, seulement l’illusion de celui-ci. Et voici le vrai secret : il n’en veut pas. La responsabilité est trop grande pour être supportée. C’est pourquoi ils sont si prompts à faire la queue dès que quelqu’un d’autre prend les choses en main. Ils VEULENT qu’on leur dise quoi faire. Ils EN ONT ENVIE. »

Haytham Kenway – Assassin’s Creed III -

 

Pour ceux qui ne connaissent pas le jeu voici le contexte. Templiers et Assassins se tirent la bourre depuis des millénaires, tous deux veulent œuvrer pour le bien de l’humanité. Mais l’un estime qu’il n’y a pas d’autre espoir que la manipulation de masse, par conséquent, l’ordre, pour annihiler les pires ardeurs de la nature humaine. Le deuxième cherche à défendre à tout prix la liberté et le libre-arbitre de chaque individu.

Pourrait-on résumer cette bataille dans la vie réelle, une bataille éternelle entre sécurité et liberté ? Entre l’ordre et le libre arbitre ?

Une poignée de personnes s’est battue par réaction directe à l’oppression et l’amenuisement des libertés individuelles, prenant les armes au nom de celles-ci. Mais à ceux qui veulent aujourd’hui lutter, est-ce que l’être humain accepterait la liberté ? Celle de choisir, celle de vivre son propre mode de vie. Est-on capable d’avoir un certain libre arbitre sans despotisme au dessus de nos têtes ?

 

Dans notre contexte, nous nous retrouvons face à un gouvernement qui néglige son « petit peuple ». J’imagine bien Macron plein de bonne conscience se dire « c’est pour le bien de l’humanité, le bien de la France ».

Depuis des temps immémoriaux, gouverner est un maître mot. Pour les puissants/gouvernants, le peuple est un enfant qui ne pourra jamais se débrouiller de lui-même. Sans règles, sans doctrines, sans morales, est-il possible de construire un monde ? D’être une communauté ? Ne faudrait-il pas, en premier lieu, vouloir la puissance de tout remettre en question et de tout recréer ?

Gouverneurs, Dictateurs, Présidents, Parlements, Ministres, Rois, Vizirs, Maîtres ; tant de termes d’administrateurs que tout éloigne et que seule une chose réunit. Peut-être que même de grands visionnaires voire révolutionnaires ont eu cette idée en tête : le peuple ne veut pas, il ne peut pas : « Le troupeau a besoin de son berger ».

 

Est-ce pour cela que l’on nous manipule, que l’on nous balade d’un coin à l’autre ?

 

« J'ai compris que le peuple est nonchalant et paresseux et qu'il ne mérite pas qu'on se sacrifie pour lui. Je l'ai appelé et invité en vain. Tu penses que l'énorme majorité des gens tient à la vérité ? Que nenni ! Les gens veulent la paix et des fables pour nourrir leur imagination. Mais la justice ? Ils s'en moquent, si tu satisfais à leurs intérêts particuliers. Je ne voulais plus me tromper. "Si les hommes sont ainsi, me suis-je dit, alors utilise leurs faiblesses pour atteindre le but élevé qui est le tien et qui leur sera profitable même s'il ne le comprennent pas." J'ai frappé à la porte de la bêtise et de la crédulité des gens ; de leur concupiscence, de leurs désirs égoïstes. »

Alamut – Vladimir Bartol -

 

Voilà un beau passage du livre qui à inspiré le jeu Assassin’s Creed. Dans ce livre, Hassan Ibn Sabbah est prêt à tout pour parvenir à ces plans manipulant l’ensemble de son château au travers d’une doctrine à laquelle il ne croit pas. Et si notre gouvernement ne croyait en rien en notre démocratie ? Que pour lui, cela n’est que désordre, ce que voudrait LREM, c’est l’ordre, le calme et la paix.

À quel prix pourrait-on avoir la paix ? Au sacrifice de notre identité ? Ne faut-il pas préférer se battre que de se laisser bercer par une puissance extérieure ?

Rien ne peut être imposé, chacun choisira.

 

« C’est tout le problème du libre-arbitre ! Tant que les hommes en bénéficient, aucune paix n’est envisageable ! »

Al Mualim – Assassin’s Creed I -

 

Ce que je veux vous dire ici, ne vous battez pas pour un peuple, battez-vous pour vous, et ceux qui le veulent oseront prendre leurs propres libertés.

 

« Nous sommes libres de suivre notre chemin. Il n'y a personne pour vous donner les réponses. Il y a plusieurs chemins. À vous de trouver le vôtre. Ne me suivez pas. Ne suivez personne. »

Ezio Auditore – Assassin’s Creed II -

 

Warrah

 

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.