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Billet de blog 18 déc. 2018

Présidentielles de 2019: un nouveau départ pour la Tunisie ?

Huit ans après la révolution tunisienne, qui a lancé le Printemps arabe avec ses nombreux mouvements de contestation colorés, la Tunisie souffre toujours d'un malmenage économique avec un taux de chômage au-dessus des 15% ainsi que d'une crise politique.

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Le président tunisien Béji Caïd Essebsi a annoncé en septembre des élections présidentielles pour décembre 2019. Cette information est survenue dans un contexte politique tendu, avec la décision parallèle du président de finir l'alliance avec le parti islamiste Ennahda.

Le parti laïc du président, Nidaa Tounes, dirigé par son fils Hafedh Caïd Essebsi, a par ailleurs expulsé de ses rangs le premier ministre, Youssef Chahed.

Depuis, plusieurs dizaines de députés de Nidaa Tounes au parlement ont quitté le bloc du gouvernement pour créer un nouveau groupe parlementaire pro-Chahed, la Coalition nationale. La création de ce groupe avance le soutien pour Chahed dans le cadre de la campagne présidentielle de 2019, préfigurant la formation d'un véritable parti. Ce développement cristallise la confrontation du président et du premier ministre, en faisant passer Nidaa Thounes de premier parti parlementaire à la troisième position.

Cet arrangement n'a eu une longue vie: en mi-octobre, 15 députés se sont désolidarisés de la Coalition nationale, et ont rejoint Nidaa Tounes. La Coalition nationale est passée de deuxième force parlementaire à la troisième position.

Le chef de file du groupe, Slim Riahi, a estimé que la Coalition nationale visait à créer un parti et organise un "coup d'état en douceur". En début décembre, Riahi a inité une procédure légale dans un tribunal militaire de Tunis à l'encontre de Chahed, en répétant l'accusation de conspiration pour organisation d'un coup d'état.

Chahed s'est aussi rapproché d'Ennahda pour compter suffisamment de voix au Parlement, faute de quoi il sera mis en minorité, voire débouté. Ennahda cherchait à consolider ses forces et trouver de nouveaux alliés suite à une pression anti-islamiste internationale croissante et la perte d'une partie de son électorat, mais les bouleversements dans la Coalition nationale pourraient pousser le parti à revoir ses liens avec Chahed.

Pour l'instant, ces évènements ne se manifestent pas en considérant le niveau de popularité de Chahed. Selon le dernier sondage de Sigma Conseil, 17.9% des Tunisiens voteront en sa faveur dans les élections, tandis que le président actuel est crédité de 15.4% d'intentions de vote. Les autres personnages politiques mentionnés sont le professeur de droit constitutionnel Kais Saïed (14.8%) ainsi que l'ancien président par intérim Moncef Marzouki (11%).

L'état extrêmement fragmenté et affaibli des principaux groupes politiques du pays dirige la Tunisie vers un futur incertain, et un grand nombre de scénarios pour les élections présidentielles deviennent envisageables.

Selon Hafedh Caïd Essebsi, "en 2019, ce sera chacun pour soi".

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