WataYaga (avatar)

WataYaga

Abonné·e de Mediapart

334 Billets

2 Éditions

Billet de blog 1 mai 2014

WataYaga (avatar)

WataYaga

Abonné·e de Mediapart

« Les Inventions de Vivre, autour de Robert Jaulin » La concrétisation du projet

   extrait cours vrai faux Robert Jaulin

WataYaga (avatar)

WataYaga

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

extrait cours vrai faux Robert Jaulin

Transcription :

Dès lors que le faux accepte de se reconnaître comme tel, c’est qu’il est dans une relation de dépendance vis-à-vis du vrai. Si le vrai peut dire de quelqu’un « tu es dans le faux », si le faux s’en fout… cela n’a pas d’importance. Mais si le faux ne s’en fout pas et dit : « c’est vrai que je suis faux » à ce moment-là il appartient au même univers que le vrai et il y appartient dans sa rupture même par rapport au vrai. C’est ça la perversité du couple élu/exclu ; vrai/faux etc. C’est ça la trajectoire prophétique c’est cette relation.

La trajectoire totalitaire c’est cette relation, c’est pour ça qu’elle est dans la science tout autant qu’ailleurs, même à certains égards plus qu’ailleurs dans la mesure où vous pouvez toujours dire à un musulman dans le sens communautaire du terme qu’il est dans le faux par rapport à un chrétien, il s’en tape il est, au contraire pour lui - dans le sens populaire du terme - dans la compatibilité par rapport au chrétien et il n’y a pas d’esprit d’exclusion réciproque.

Mais par contre, si vous dites à un intégriste ou à un homme qui représente l’islam politique : si vous mettez deux hommes qui représentent l’un l’islam politique et l’autre la chrétienté politique, chacun affirmera que l’autre est dans le faux : le couple vrai faux dans toute sa perversité.

C’est un réfléchissement, dès lors où le champ des totalitarismes se définit de façon réflexive alors il se transforme dans une trajectoire qui est absolument négative et qui est exclusive du champ des virtualités culturelles. C’est cette chose toute simple que j’essaie de faire ressortir, dont j’essaie de faire l’ethnologie, qui relève de l’ethnologie beaucoup plus que de la logique, de la politique, tout ce que vous voudrez et qu’il faut saisir à travers des textes de toutes natures.

………

Quand je parle … du domaine scientifique, je ne parle pas des gens de pensée, et ça c’est une chose très importante. Je ne parle pas des gens de pensée, je parle de l’institution.

Si vous prenez Diderot, essentiellement ou tout le groupe autour de Diderot à la fin du XVIIIème siècle, c’est des gens qui ont le sens de la relativité, qui sont à certains égards beaucoup plus proches de Poincaré que de la position du couple vrai/faux dans l’institution scientifique, n’est-ce pas. Je ne parle pas des gens, des personnes. Je parle de la fonction transcendante qui est associée à chaque personne et qui réfère ( ?) et dont je fais l’ethnologie et qui est associée à une institution que j’appréhende comme une communauté mais une communauté que j’essaye de définir de manière totalitaire lors même qu’une quantité de gens de science n’en ont rien à foutre avec tout ça et passent leur temps à dire que « non, pas du tout, vous me cassez les pieds ».

C’est ça, dans le domaine de la science aussi bien que de la technologie, ce sont ces nuances qui sont essentielles, qui sont absolument essentielles, qu’il faut bien faire ressortir car dans notre quotidien, évidemment, les deux champs et du totalitarisme et des cultures et de l’invention de vivre sont tout le temps imbriqués, ils ne peuvent pas ne pas être imbriqués puisque le champ des totalitarismes est un parasite qui requiert celui de l’invention. Non seulement pour s’en nourrir et pour le parasiter mais également pour s’en masquer : le non-être avance masqué, il faut bien en prendre acte. C’est une proposition théorique difficile mais …

……….

L’exclu, pour essayer de survivre, il ne survit qu’en se transformant en élu potentiel. Dès lors, si vous voulez, c’est l’intention des choses qui compte, dès lors que l’exclu se définit comme, définit sa valeur du jeu comme étant celle du vrai, que le « faux » se dit : « je dois devenir vrai » alors à ce moment-là, il se définit comme un « vrai » potentiel, un « vrai » à devenir, il est en quête du paradis, que ce soit la culture internationale du prolétariat ou tout ce que vous voudrez.

Aujourd’hui la crise de scientifiques c’est la crise du vrai  dans son rapport à lui-même : il n’est plus, il se connaît à nouveau et de plus en plus comme un vrai extrêmement incertain … il se connaît beaucoup plus comme un « faux » possible que comme du vrai. C’est ça qui est aujourd’hui la crise, et en particulier en physique, de la science. Mais cette situation est une logique absolument totalitaire : c’est le balancier, le mouvement qui passe de l’élu à l’exclu dans le champ du même.

……..

 On croit que les progrès et tout ça nous ont débarrassés de cet univers, pas du tout … depuis 50 ans il n’a jamais été aussi présent, depuis 50 ans, sous 36 000 prétextes – mais c’est la poursuite d’une trajectoire : les prétextes ponctuels sont accessoires – la destruction des multiples centres de l’univers, c’est-à-dire des multiples sujets culturels, le traitement des tribus de toutes sortes etc. a été abominable. C’est tout à fait notre problème.

*Alors il est bien clair que l’on peut être un imbécile heureux ou un salaud content. Mais cela veut dire quoi ? A partie d’un certain moment on ne cesse d’être totalitaire : comme vecteur de violence, on est totalitaire dans le non-être, on consomme, on ne fait plus seulement que de la consumation  autant ou plus que de la consommation. Moi, je dis tout ça, parce qu’il y a une certaine morale derrière : soyons heureux, soyons heureux de ce que nous sommes. La seule façon de nous battre c’est en s’armant d’un incurable bonheur quoique nous soyons. Mais attention, ce n’est pas n’importe quel bonheur....

« Les Inventions de Vivre, autour de Robert Jaulin »  d’adresse :

http://www.inventiondevivre.com

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.