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Billet de blog 18 mai 2014

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Leurre hop : l'écho nomme hic !

       Cette vidéo fait partie d’une série de 4 qui, d’après la personne qui me l’a conseillée, vante les progrès des nanotechnologies.Celle-ci, la dernière est censée prendre en compte nos peurs pour les dissiper mais comme j’ai l’esprit mal tourné, au début, j’y ai vu autre chose derrière le discours lénifiant du commentateur. 

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 Cette vidéo fait partie d’une série de 4 qui, d’après la personne qui me l’a conseillée, vante les progrès des nanotechnologies.

Celle-ci, la dernière est censée prendre en compte nos peurs pour les dissiper mais comme j’ai l’esprit mal tourné, au début, j’y ai vu autre chose derrière le discours lénifiant du commentateur.

Et cette chose m’inquiète non pas au sujet des nanotechnologies elles-mêmes (quoique…) mais au sujet de la façon dont les problèmes de sécurité sanitaire ne sont pas pris en compte par la commission européenne.

Je ne suis pas sûre que les auteurs de ce reportage aient eu conscience du fonctionnement qu’ils dévoilaient.

Ce reportage pose deux questions différentes : d’une part celle des peurs que provoquent les nanotechnologies et d’autre part celle de leur éventuelle dangerosité évoquée dans une fiction que je qualifierais de méga fictive parce que si les peuples se mobilisaient réellement – comme elle en fait l’hypothèse - lorsqu’une catastrophe écologique majeure a lieu on l’aurait su lors des trois grandes catastrophes nucléaires majeures qui nous touchent encore tou/tes d’une façon ou d’une autre aussi bien dans l’air que nous respirons que dans notre nourriture ou les objets de notre vie quotidienne (Three Miles Island aux usa, Tchernobyl en russie, Fukushima au japon) : on aurait assisté à des mobilisations plus massives que celles des fondus de Greenpeace qui courent des risques énormes pour peu de retombées au niveau de nos parts de cerveau disponibles… et donc de notre capacité à réagir.

Donc, même si un accident majeur se produisait en corée du sud, les violons du « tout va bien, braves gens » nous rassureraient suffisamment pour que nous continuions à travailler pour assurer notre survie quotidienne, partant du principe que « demain est un autre jour » et qu’ « à chaque jour suffit sa peine. »

Mais dès le début, on commence à percevoir que la principale angoisse de ceux/ celles(?) qui ont imaginé cette fiction ce n’est pas la dangerosité réelle - ou fantasmée (qui n’est pas le propos de ce billet, quoique…) - des nanotechnologies mais la peur des réactions des populations qui pourraient provoquer une crise économique majeure : « la catastrophe, d’abord sanitaire et écologique devient économique » sic !. Et là, j’avoue qu’une telle ingénuité dans le propos m’a sidérée : je ne m’y attendais pas !

Et ce qui est magnifique (on vit une époque épique quoiqu’opaque) c’est que ce « scénario a été élaboré pour la commission européenne afin de lui permettre d’anticiper et de réagir au mieux face aux inquiétudes de la société » !!!  Je m’attendais à ce qu’il soit dit que c’était  pour inciter la commission à élaborer des stratégies soit préventives pour que rien de semblable ne soit même envisageable  -  discours qui rentrerait classiquement dans le cadre du « dormez bien braves gens nous veillons à votre sécurité » - soit pour qu’en cas d’accident majeur tout puisse être rapidement mis en place pour protéger les populations.

Mais nothing, niet, nein, mada, ala, non rien de tel !

Dois-je en déduire que la sécurité de la population est tellement réputée pour être le cadet des soucis de la commission européenne que ce n’est même pas la peine de l’évoquer ? Alors que si la dite population réagit mal et que par voie de conséquence l’économie est touchée là c’est du sérieux ?

Apparemment, le problème pour « les grandes puissances économiques, scientifiques, industrielles » c’est donc  essentiellement de « comprendre et de prévenir la méfiance du public » !!!!

L’argument majeur, toujours le même, est que nos craintes quant aux nouvelles technologies « ne reposent sur aucune réalité scientifique ». Bin oui, tiens charle-auguste : tant qu’aucune étude scientifique indépendante des lobbies industriels n’a été menée, la « réalité scientifique » n’existe pas.

Ainsi en a-t-il été de la radioactivité. Il fut un temps où l’on enveloppait les bébés dans de la layette enrichie au radium pour qu’ils aient bien chaud. Leurs mères, très avant-gardistes, s’enduisaient le visage de crèmes de beauté «irradiantes» en buvant à la paille des sodas atomiques…

Bon, si vous voulez en savoir plus sur les nanotechnologies, vous pouvez regarder la suite de la vidéo et surtout ne manquez pas, tout à la fin l’intervention de Harald Krug : c’est un grand moment d’enfumage !

Mais ce n’est pas mon sujet principal celui-ci étant plus de démontrer le peu d’intérêt qu’ont nos vies pour ceux qui détiennent le pouvoir que ce soit par les profits qu’ils font sur notre dos (multinationales, industriels ou parce qu’on les a élus und so weiter…

Cependant, il me semble que, justement parce que la commission européenne ne brille pas par son éthique de prévention et qu’en filagramme on se rend bien compte du poids des lobbies industriels (jolie, l’idée de breveter le vivant complètement – à peine effleurée – mais dont on peut supputer que la conséquence induite mais jamais évoquée est de nous rendre totalement dépendants), il est nécessaire de voter. A condition de voter le plus à gauche possible pour mettre plein de grains de sable dans les rouages de cette grosse machinerie qui, de toute façon, nous imposera ses normes même si l’on s’abstient ou que l’on vote blanc….

De plus il est vital et de salut public qu’il y ait du répondant face à la montée programmée, financée, assumée de la fachosphère européenne.

Post scriptum : ce documentaire date de 2008 et je trouve très amusant ce qui y est dit des puces RFID qui maintenant sont quasiment partout...

Mauvais :
- Nous voulons implanter cette puce RFID en vous.
- C’est violer mes droits !

Bon :
- Nous voulons implanter cette puce RFID en vous, et c’est aussi un téléphone mobile, une caméra numérique, et un lecteur MP3.
- Cool !

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