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Billet de blog 14 sept. 2022

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Canicule : transformer nos modes d’élevage pour un plus grand respect des animaux

[Rediffusion] L’association Welfarm a mené cet été la campagne « Chaud Dedans ! » pour alerter sur les risques que font peser les vagues de chaleur sur la santé et le bien-être des animaux d’élevage. Après des enquêtes sur le terrain, des échanges avec les professionnels de l’élevage, des discussions avec le gouvernement, des députés et des eurodéputés, Welfarm tire le bilan de cet été caniculaire.

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Un été dans le rouge pour les animaux

L’été 2022 aura été marqué par les épisodes climatiques extrêmes. Entre multiplication des canicules, sécheresse et incendies, le changement climatique est déjà une réalité. Souvent oubliés, les animaux souffrent eux aussi des fortes chaleurs, des souffrances démultipliées par leurs conditions d’élevage et de transport. Ils sont claustrés dans des bâtiments totalement inadaptés à des densités extrêmes et sont transportés en étant entassés les uns sur les autres pendant des heures, voire des jours, dans des camions ou navires bétaillers.

Via l’application TruckAlert de Welfarm, des centaines de transports d’animaux par temps de canicule ont été signalés cet été, certains par des températures dépassant les 40°C. Des milliers d’animaux ont continué à être exportés vivants à destination du Proche et Moyen-Orient depuis le port de Sète. Une enquête de Welfarm en août a encore apporté la preuve qu’ils sont chargés sur des cargos-poubelles hors d’âge. Lors de ces transports de longue durée, les animaux souffrent de la faim, de la soif et de la chaleur extrême.

Dans les élevages intensifs, les animaux sont particulièrement vulnérables. Le 18 juillet dernier, 1 500 tonnes de volailles dans 130 élevages bretons, soit l’équivalent de 750 000 poulets d’un poids moyen de deux kilogrammes, ont péri en quelques heures en raison de la chaleur. Ces mortalités phénoménales concernent aussi les espèces aquatiques, comme les truites présentes dans les bassins d’élevage. En attendant les chiffres définitifs de 2022, rappelons qu’en 2019 déjà, les surmortalités dans les élevages de porcs et de volailles avaient atteint les 40%. Combien d’animaux morts à cause des canicules seront encore à déplorer cette année ?

Plus largement, si aucune mesure n’est mise en œuvre pour pallier les effets du réchauffement climatique, c’est la pérennité même de notre modèle agricole et alimentaire qui est en jeu.

À quand de vraies politiques publiques ?

Des mesures de bon sens sont aujourd’hui portées par certains professionnels de l’élevage et relayées par le gouvernement, comme l’augmentation du débit de la ventilation dans les bâtiments. Mais elles sont largement insuffisantes pour assurer des conditions d’élevage et de transport qui respectent le bien-être des animaux sur le long terme.

Une gestion des canicules parcellaire et fondée seulement sur l’urgence n’est en aucun cas une réponse acceptable. Les vulnérabilités de l’élevage aux fortes chaleurs révèlent en effet un besoin d’adaptation sur le long terme aux effets du changement climatique. Les pouvoirs publics se doivent d’établir une feuille de route claire et ambitieuse pour transformer en profondeur les modèles productifs.

L’association Welfarm se veut force de propositions. Nous avons remis au gouvernement en juillet une série de mesures systémiques et holistiques pour transformer profondément les conditions d’élevage et de transport des animaux. Nous demandons que l’État joue pleinement son rôle pour édicter de nouvelles normes et soutenir une évolution ambitieuse de la législation française et européenne, en complément des bonnes pratiques portées par les professionnels de l’élevage.

Lors de son élection, le président de la République, Emmanuel Macron, a promis de placer son nouveau quinquennat sous le signe de la planification écologique. Pour la première fois, la feuille de route du ministre de l’Agriculture mentionne explicitement l’adaptation aux effets du changement climatique. La Première ministre, Élisabeth Borne, a de son côté annoncé le 24 août dernier le lancement d’un nouveau plan national d’adaptation au changement climatique. Les conditions d’élevage et de transport des animaux doivent impérativement y être intégrées, non seulement pour mettre fin à leurs souffrances mais aussi pour assurer la survie à long terme de notre agriculture.

Alors, qu’en sera-t-il ? Les décisions que prendra le gouvernement dans les prochains mois seront cruciales pour déterminer notre trajectoire dans les années à venir. Pour les animaux aussi, chaque degré compte !

Détail des recommandations, pétition en ligne et actions sur : https://urgence-climatique-animaux.fr/

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