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Billet de blog 24 oct. 2017

Au chômage

William T Bishop
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Chômage, 1

Mineur depuis peu aux yeux de l’état car au chômage,

Le petit prince que je suis non moins évidemment dans

L’estime de quiconque m’aurait lu, tellement on arrive

A peine à en parler, sort de nouveau un peu dans le monde.

Je fais le flâneur, au sens propre. Je dépense peu, regarde

Beaucoup, touche quand je peux dans le respect des matières

Et de la bienséance. Je parle quand ile le faut et quand 

C’est agréable de le faire, dans de bonnes dispositions d’écoute.

S’il y aurait certainement matière à débat pour trancher dans

La question de savoir si oui ou non l’histoire elle-même peut

Servir de matière à visions, personne n’imaginerait s’insurger

contre le fait de sortir au musée à la quête de telles phénomènes.

Ainsi je m’en fus de chez moi, disons non pas hier mais l’autre

Jour en direction vers le Centre Pompidou. Les queues étaient

D’une longueur dissuasive. Alors j’ai erré un peu dans les rues,

Tournant un peu en rond avant de me décider pour un café,

Façon de faire une petite station carnet, voir où en étaient 

Les ondes. Bonne idée. Elles étaient claires, calmes, nettes.

Puis le grand bruit des travaux dans la rue reprit. Pour

M’en abriter, et de la pluie, j’ai suivi l’indice d’une affiche

Pour le Festival d’automne, qui s’associait à l’exposition d’une

Artiste dans les Archives nationales juste à côté. Ne ratez 

Pas les jardins sublimes cachés derrières les édifices XVIè !

Il y a de la place pour beaucoup et tout le monde peut y aller.

Karla Black, une écossaise, des pastels tout roudoudou.

Je dis à la belle dame à la caisse que c’est elle que je

Venais voir. Elle m’a laissé passer sans payer avec un

Grand sourire. L’oeuvre était dans la salle tout au fond.

J’ai donc traversé la belle petite salle de parchemins, dont je

Reparlerai, et me suis retrouvé un moment devant une

Grande flaque de poudre de plâtre blanc posé au sol.

Lueurs même pas éclats des couleurs des murs tout autour.

Un milanais y tenait séance. J’ai pris plaisir à lui parler.
C’est un beau moment d’éclosion de nos indépendances.

Lui, milanais, à Paris pour un mois pour accompagner 

Cette oeuvre. Moi, chômeur curieux qui sort, disponible !

Dans un recoin de la flaque à plâtre, cinq ou alors sept

Traces de paumes de mains. L’artiste, me disait l’ami

Milanais, n’estimait pas que son travail relevait de la

Performance. C’était une sculpture dans un plâtre

Libéré de sa fixation en poudre. Une autre manière 

De porter, exposer des traces. Belle occasion que d’y

Réfléchir dans tous ces immeubles dédiés aux registres

De l’histoire nationale. Aussi fus-je préparé à être

Happé par la salle que j’avais traversée à toute vitesse à la

Recherche de l’écossaise Black. Je regardais plutôt 

Distraitement jusqu’à ce que je vis une cursive nommée

La « minuscule Caroline ». Un charme, 843, léger, léger !

J’ai dû me battre avec mon stylo qui faisait les siennes—

C’est énervant!—mais me suis appliqué à recopier deux

Fois un Q entre-loupé de P à l’envers. Une concession de 

Charles le Chauve. J’eus soudain l’impression de l’avoir

Croisé au ciné en pas moins de cinq exemplaires voir,

Comme moi, le nouveau Denis. Il y avait des registres

De bord de deux vaisseaux de la traite négrière, dont un,

De la Compagnie des Indes, osait s’appeler La Paix.

Comment savoir. Peut-être qu’il méritait ce nom.

En tous les cas, il fit naufrage à Bourbon, avril 1755.

L’auteur du registre regagna l’île-de-France sur l’Utile.

De la paix à l’utile, beau parcours. Un capitaine Denis.

Même le chiffrage des documents me devint frissons.

Puis cette minuscule, j’eus l’impression d’y voir revendiqué

Cette enfantillage où je survolais ma cursive à la quête

De symboles qui s’y loveraient. Les moines de Saint Denis

En avaient trouvé un drôle pour signer le testament de Suger.

Une sorte de petite cédille à longue rallonge à en faire « f. »

Tiens, et voilà que Napoléon écrit à sa femme Joséphine

Depuis le front, an IV ou V. Il écrit mal ! On n’y voit rien.

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