Dans la fiction Macron, est-ce l'homme ou la corde qui tient le peuple?

Au XIIe siècle, à Paris on discutait avec passion de questions métaphysiques profondes dont certaines passaient pour insolubles comme: lorsqu'un porc est conduit au marché, est-ce l'homme ou la corde qui le tient? Avec Macron tout s'éclaire si on écoute les silences des médias mainstream, et aussi des autres.Démonstration.

"Au XIIe siecle dans l'école du Petit-Pont, au bord de la Seine, où enseignait entre autres Adam Parvipontanus, on y discutait avec passion des questions profondes dont certaine même, comme celle-ci, passait alors pour insolubles: lorsqu'un porc est conduit au marché, est-ce l'homme ou la corde qui le tient ?"( Étienne Gilson, la philosophie au Moyen-Age). 

C'était le temps où les raisonnement sophistiques étaient à la mode dans les milieux de la scholastiques et où on s'y entraînait avec plaisir. Au XXIe siecle, la question n'est plus insoluble. L'ont résolue ceux qui conduisent Macron à l'Elysée c'est-à-dire ses créanciers-créateurs devenus propriétaires de l'opinion et bientôt de l'Elysée. Et comment? En mettant la pression sur les médias à présenter la corde ou plutôt les cordes qu'ils nous ont mis au cou comme des calamité comme si nous ne le savions pas, cordes qu'ils continuent de resserrer en agitant la fiction Macron avec une insistance telle que cela devient insupportable, violent même.

C'est "la violence faite à la vérité en vue de satisfaire une hypothèse" que Aristote définit comme la fiction dans "Métaphysique" M7.

Et ceux dont on espérait qu'ils ne se laisseraient pas abuser par la fiction se plaisent à l'exercice ou se murent dans le silence. La corde, la corde, on vous dit mais pas la main qui la conduit...Il serait malheureusement fastidieux de compter les papiers de Mediapart qui disent combien le péril est grand de voir arriver Le Pen à l'Elysée sous des formes directes ou pas, alors que les sondages, jugés désormais fiables depuis les résultats du 1er tour,annoncent que ce sera 60/40! Mais ces oracles ne suffisent plus. 

Voyez les titres seulement: "Le pourquoi pas elle? des retraités fillonistes des Sables d'Olonnes" déclarent être tentées de voter le Pen; "Arras regarde Macron avec méfiance ",le racisme d'extrême droite avance partout; ironique et mal informé aussi: " Pour serrer les rangs insoumis, Mélenchon ne donne pas de consigne!"; "second tour, rejouer les années trente allemandes". En clair, on n'a pas le droit de s'abstenir car "c'est donner des voix aux racistes, aux islamophobes", être complices donc. Pourquoi cette hystérisation n'a pas eu lieu avant le premier tour? 

Il faut interroger les manques décidément trop silencieux pour essayer de comprendre.

1-le troisième tour c'est-à-dire la campagne pour les élections législatives a déjà commencé et l'ennemi principal c'est la France insoumise.

2- On ne nous dit pas "votez pour Macron car il est la meilleure solution politique contre le FN" car tout le monde sait que la politique néo-libérale de Hollande-Macron-Valls en faisant un million de chômeurs de plus et en multipliant la précarité et la pauvreté tout en enrichissant les milliardaires, est le véritable fourrier du vote en faveur de la pire régression qu'est l'extrême-droite. Il suffit de se souvenir des scores du F.N qui gonflaient tellement aux régionales qu'on prédisait le FN à plus de 30% au premier tour de la présidentielle.

3-On ne dit rien du "putsch" que préparent dans les coulisses Hollande, Valls et consorts pour transformer le P.S en parti de droite (on dit du "centre" sur Mediapart) sur le modèle du parti "démocrate", le parti de Renzi en Italie, instrument le plus adapté à sa fin, mettre en place la "démocratie conforme au marché", parti qui sera dirigé par le sergent-chef Valls. C'est maintenant que se joue ce montage imaginé par Hollande, personnage très sous-évalué à gauche tant il connaît décidément très bien la force du négatif et la dialectique. Devenu le président le plus impopulaire de la Ve République, il s'offre une dernière victoire, la plus désirée depuis qu'il devint premier secrétaire du P.S: voir le candidat du parti qu'il dirigea jadis à 6% des suffrages. C'est mieux que la "pasokisation", c'est la "hollandisation".

4-Encore un silence du "media indépendant" à la question : est-ce le vote Macron qui a stoppé l'avancée électorale du F.N dans les quartiers populaires et l'a contenu à 21% au premier tour? 

Vous verrez les gens après cette élection, on découvrira un Macron habillé en sauveur de la République, en héros antifasciste. On entendra un "ouf" de soulagement dans les médias qui célèbreront celui qui a empêché le F.N d'arriver au pouvoir! Et l'enfumage sera complet au moment où seront lancées les législatives. On aura alors un Macron repeint en homme de gauche! La fiction on vous dit.

 

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