Macron et le Parlement : 5 mensonges à mediapart

Dans l’émission en direct de Mediapart du 5 mai 2017, le candidat Macron détaillait son PROJEEET pour la France. Retour sur la séquence où il donne son avis sur le rôle du parlement et le fonctionnement du travail parlementaire.

L'essentiel du propos de ce billet de blog peut-être visualisé dans cette vidéo :

Les petits mensonges d'Emmanuel Macron sur le parlement © Marne Insoumise

  1. Au début de cet entretien, le candidat Macron expliquait à Edwy Plenel que NON, la 5e république n'est pas le pouvoir d'un seul quand deux mois plus tard, il convoque le congrès à Versailles pour l'équivalent d'un "discours sur l'état de l'union" en pleine session parlementaire sur un texte aussi fondamental que la loi d'habilitation pour autoriser le gouvernement à légiférer par ordonnance.

  2. Le candidat Macron souhaite organiser le débat d'idées pour permettre un large rassemblement d'élus de tout bord et casser la logique de vote discipliné, sauf que 3 mois plus tard on a du mal à voir émerger un débat d'idées, on a plutôt l'impression d’assister à une machine de vote en cadence. Par ailleurs, le règlement intérieur du groupe parlementaire en marche, interdit tout élu LREM de cosigner un texte venant d'un autre groupe!

  3. Habituellement soumis au pouvoir exécutif, le candidat Macron promettait que le parlement devrait exercer un véritable contre pouvoir d'évaluation et de contrôle du gouvernement. Dans les faits, les députés LREM débattent très peu des textes gouvernementaux en hémicycle ou en commission. Ils sont même capables, comme le montre l'extrait vidéo, d'applaudir alors que rien n'a été dit.

  4. Le candidat Macron affirmait que les parlementaires devaient être au courant des faits et aspects de la politique nationale, notamment les détails concernant la sécurité nationale via d'éventuelles commissions secret défense. On connait la suite avec le limogeage du Général de Villiers qui a osé expliquer dans une telle commission que l'armée ne pouvait pas assurer les missions qui sont les siennes avec une nouvelle coupe budgétaire. Finalement les parlementaires n'ont pas à connaitre tous les détails, le Président Macron est le chef!

  5. C'est sans doute là où le bas blesse le plus : la place de l'opposition. Le candidat Macron promet de laisser de la place à l'opposition et de lui confier des commissions. Dans la pratique, les amendements de l'opposition sont systématiques rejetés, même celui sur "le verrou de Bercy" pourtant porté par des groupes de couleurs politiques disctints.
    Enfin En Marche et ses alliés tiennent la présidence de TOUTES les commissions permanentes.

Je tiens à remercier la rédaction de Mediapart pour avoir poser ces questions qui résonnent désormais comme des mensonges purs et simples.

Le Club est l'espace de libre expression des abonnés de Mediapart. Ses contenus n'engagent pas la rédaction.