Question de confiance...

« Ma confiance dans le peuple gouvernant est infinitésimale ; ma confiance dans le peuple gouverné est infinie. »  C. Dickens. La Grèce se voit imposer un plan d'austérité sans précédent. C'est une humiliation dont le but est de casser toute velléité de résistance future à l'ordre établi de l'Union Europénne.

« Ma confiance dans le peuple gouvernant est infinitésimale ; ma confiance dans le peuple gouverné est infinie. »  C. Dickens. 

La Grèce se voit imposer un plan d'austérité sans précédent. C'est une humiliation dont le but est de casser toute velléité de résistance future à l'ordre établi de l'Union Europénne.

Sans rentrer dans les détails de la feuille de route des réformes imposées à la Grèce, en totale rupture avec les votes du mois de Janvier et du mois de Juillet, le point de détail qui attire mon attention est la sommation du gouvernement grec d'organiser un vote positif au parlement grec sur les réformes de retraite et de TVA avant Mercredi 15 Juillet.

En mettant de côté la question même de la nécessité du débat démocratique, cette injonction est donnée dans un contexte de reconsitution de la confiance des créanciers envers la Grèce. Suite à l'organisation du referendum, les créanciers ont semble-t-il perdu confiance en la Grèce et lui somment de prouver sa bonne foi.

La confiance est effectivement un élement fondamental de l'économie. Quand on se sert d'un billet de banque pour payer son épicier ou que sais je, on ne fait en réalité que lui donner un bout de papier avec un beau dessin. Le billet représente une reconnaissance de dette qui se transmet sans cesse entre les acteurs du marché. Tout le système n'existe que parce que tout le monde a confiance, et ce système qui nous parait si solide, n'est en réalité que chateau de sable. 

En violant la volonté d'un peuple et en l'écrasant de sa botte de cuir, l'Union Européenne et l'Allemagne ont démontré pour tous les peuples qu'il n'y a rien à espérer de cette europe là et que leur confiance en les institutions européennes est très mal placée. Il ne faudra donc pas s'étonner si l'euroscepticisme déjà très en vogue devienne un mouvement d'ampleur.

La confiance internationale justement parlons en. Le FMI a démontré son incapacité à sortir durablement de la crise les pays en difficulté financière. L'Argentine a même montré l'exemple qu'on arrivait à s'en sortir beaucoup mieux sans l'aide de New York. La confiance des pays en le FMI lui aussi disparait et il n'est pas anodin d'avoir des grands pays sortir de cet organisme contrôlé par la finance et les intérêts Américains. Souvenons nous que la Russie, la Chine, l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud ont acté la construction d'un FMI Alternatif.

La crise de confiance qui secoue l'Europe va sans aucun doute forcer la Grèce a se tourner vers des organismes alternatifs et lancer petit à petit le délitement des institutions internationales. Il est bien évident que nous entrons dans une zone de forte turbulences et que sans confiance ni foi en rien du tout pour le peuple, il est bien difficile d'imaginer à l'heure actuelle une sortie par le haut de cette crise.

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