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Billet de blog 8 déc. 2021

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2022 - Droit et urgent devoir d'interventions des syndicats et associations

À Gauche, rien de nouveau, nulle perspective unitaire crédible ne se dégage. Et sur tout l' échiquier politique , les candidat(e)s ont en commun de pratiquer une politique hors-sol, inhérente à la logique de la Ve République : « la rencontre entre un homme, ou une femme, et un peuple ». Très loin des questions réelles.

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CAMPAGNE ÉLECTORALE 2022 - DROIT ET URGENT DEVOIR D'INTERVENTION POUR LES SYNDICATS ET ASSOCIATIONS

Par Pierre TOUSSENEL et Xavier-Francaire RENOU

Triste et inquiétante scène politique.

Difficile, quand on est militant syndical ou associatif, de ne pas désespérer de la politique devant la tragi-comédie politico-médiatique à laquelle se résume cette campagne électorale.

À Gauche la prolifération des candidatures et l'incapacité à proposer une perspective à la fois unitaire et solidement engagée contre les forces dominantes, laisse présager une quasi impossibilité de présence au second tour.

La Droite extrême et l'Extrême Droite montent dangereusement.

Et le peuple de Gauche, transformé en spectateur passif, se voit abreuvé tantôt de spéculations sur les chances respectives de Le Pen et de Zemmour de parvenir au second tour, tantôt sur les chances de tel(le) ou tel (le) leader de la Droite de parvenir à faire serrer, derrière lui ou elle, les rangs du peuple de Droite pour affronter Macron.

Et sur tout l'échiquier politique, les candidat(e)s ont en commun de pratiquer une politique hors-sol, inhérente à la logique de la Ve République : « la rencontre entre un homme, ou une femme, et le peuple ».

Dans cette rhétorique gaullienne ressassée et usée jusqu'à la corde, il n'y a nulle place pour l'examen approfondi aussi bien de l'injustice sociale croissante et de la violence dont elle est porteuse que de la marche à la catastrophe climatique, peut-être déjà irréversible et en tout cas plus lourde pour les classes et pays dominés que pour les classes et pays dominants.

Nulle part ne sont prises en compte ni les analyses ni les propositions des syndicats et des associations qui, pourtant, font régulièrement la preuve de leur connaissance approfondie des réalités et de leur capacité à proposer des mesures aptes à faire enfin bouger les choses.

C'est-à-dire à mettre des coups d'arrêt à la violence sociale et à l'aveuglement climatique en engageant tout de suite et pour le long terme à la fois le traitement raisonné, méthodique, des conflits de classes à tous les niveaux, du local au géopolitique, et le mouvement vers une vie sociale et économique intégrant dans ses fondements le respect de la nature (par différence avec le couple déséquilibré de son exploitation sans scrupule et d'îlots censés la protéger).

Deux tentations se présentent alors : soit désespérer définitivement de la politique, soit enjamber l'échéance de 2022 en reportant tous ses éventuels espoirs sur 2027. Dans les deux cas on estime que la seule attitude possible est celle du roseau de la fable : plier pour ne pas rompre, et sauver l'essentiel en se tenant à l'écart de la tempête ou de l'agitation politique.

Mais c'est là pratiquer la politique de l'autruche.

Car c'est méconnaître que les forces dominantes, elles, s'interdisent toute pause. C'est sans attendre les résultats de l'élection présidentielle, que le pouvoir macronien continue sa destruction des acquis fondamentaux que sont le code du travail et la protection sociale (maladie, chômage, retraites) et se pare des plumes du paon écologique tout en étant à la solde de« champions nationaux » comme Total, une des multinationales les plus cyniquement néocoloniales et destructrices des fragiles équilibres naturels.

Et, pendant ce temps-là, se moquant comme d'une guigne, des échéances électorales et des remue-ménage politiques, les forces économiques et sociales dominantes continuent, avec la même certitude dogmatique et la même arrogance idéologique que depuis quarante ans, leur double travail de sape néolibéral- ultralibéral : ne rien lâcher ni sur le principe du moindre coût social, c'est-à-dire de pression sur les salaires et de l'individualisation – fragmentation- précarisation du monde du travail, ni sur le principe d'exploitation effrénée des ressources naturelles, aussi proche qu'on soit de leur épuisement et des tragiques ruptures des équilibres naturels, quitte a financer à coup de milliards des « recherches » visant à mettre en doute les alertes, pourtant si solidement fondées, sur la fragilité écologique et climatique1.

Que faire, donc, une fois qu'on a, avec la lucidité requise, dénoncé les agitations politiques inhérentes à la monarchie élective qu'est la Ve République et pris la mesure des forces puissantes qui tirent les ficelles de ce théâtre de marionnettes ?

Aussi puissants que soient les puissants, ils ne tiennent leur puissance que du silence qu'ils parviennent à imposer à ceux qui par leur nombre, leur intelligence et leur capacité à s'auto-organiser, sont, sans toujours le savoir et surtout sans toujours oser se le dire, les véritables maîtres du jeu.

C'est pourquoi les syndicats et associations, avec leur solide ancrage social et militant et avec leurs acquis d'analyses et de propositions, se trouvent aujourd'hui à un moment critique : ou bien, se laissant impressionner voire influencer par les forces dominantes, ils les laissent agir en se repliant sur une attitude défensive ; ou bien, conscients de leur force et de la responsabilité qu'elle leur confère, ils interviennent sur la scène politique, non du tout pour y ajouter une marionnette de plus, mais, tout au contraire, pour faire entendre enfin la voix immense des forces de travail et des forces militantes, et la voix, certes sans discours, mais immense elle aussi, de la nature et du respect qui lui est dû.

L'audace du choix de cette responsabilité peut paraître redoutable. Mais elle est pourtant la seule possibilité que l'échéance de 2022 soit autre chose qu'une péripétie stérile dans la course, devenue quasi irrésistible, vers un monde de chaos social, ,écologique et climatique.

C'est pourquoi, instruits par notre longue pratique de la vie syndicale et des interactions (on dirait aujourd'hui de l'interface) entre luttes syndicales et luttes politiques, nous proposons, sous notre seule responsabilité, un projet de Déclaration unitaire des principales organisations syndicales et associatives.

Bouteille à la mer, certes, mais dont nous avons le sentiment qu'elle peut entrer en écho avec l'immense réserve d'intelligence et de générosité que comportent les forces populaires.

(Le texte de la présente Introduction et celui de la propossition de Déclaration unitaire sont disponibles de puis le samedi 4 décembre 2021 sur le site de l'association Renaissance des Lumières

1Voir à ce sujet l'aricle éclairant de Laurence Scialom dans Le Monde 1er et 2 novembre 2021 sur « les marchands de doute »

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