Le RN par la voix de son VRP à l'Assemblée a "demandé" la mise en œuvre "au plus tôt" d'une réforme institutionnelle instaurant une dose de proportionnelle aux élections législatives. Marine Le Pen a toutefois appelé à ce que le nouveau mode de scrutin permette tout de même de "dégager une majorité", proposant un "scrutin proportionnel à un tour, avec une prime majoritaire".
Le Premier ministre Michel Barnier a assuré avoir "entendu les appels à davantage de représentativité" et s'est dit "prêt à une réflexion et une action sans idéologie sur le scrutin proportionnel". Reste à savoir quelles seront les modalités de ce nouveau mode de scrutin.
Voici une simulation de ce mode de scrutin appliquée aux dernières législatives anticipées...
Lors des élections législatives de 2024, après la dissolution de l'Assemblée nationale, les résultats ont montré que le Rassemblement national (RN) est arrivé en tête avec 29,25 % des voix, suivi par le Nouveau Front populaire (NFP) avec 27,99 % et la coalition présidentielle Ensemble avec 20,04 %. Aucun parti n'a obtenu de majorité absolue, ce qui a conduit à une situation politique fragmentée avec des tractations nécessaires pour la formation d'un gouvernement stable.
Application d'un scrutin proportionnel à un tour avec prime majoritaire
Si ce système avait été en place, voici comment les sièges auraient pu être répartis :
Répartition proportionnelle des sièges :
Avec 577 sièges à répartir, le RN, avec 29,25 % des voix, aurait reçu environ 169 sièges.
Le NFP, avec 27,99 %, aurait obtenu environ 161 sièges.
Ensemble, avec 20,04 %, aurait reçu environ 116 sièges.
Prime majoritaire :
- Si une prime majoritaire de 15 % des sièges (soit environ 86 sièges) avait été attribuée au parti ou coalition en tête, le RN aurait bénéficié de cette prime. Cela aurait porté son total à 255 sièges (169 proportionnels + 86 de prime).
Répartition finale :
- RN : 255 sièges
- NFP : 161 sièges
- Ensemble : 116 sièges
- Les autres partis se répartiraient les 45 sièges restants.
- Si une prime majoritaire de 15 % des sièges (soit environ 86 sièges) avait été attribuée au parti ou coalition en tête, le RN aurait bénéficié de cette prime. Cela aurait porté son total à 255 sièges (169 proportionnels + 86 de prime).
Dans ce scénario, le RN n'aurait pas obtenu la majorité absolue (fixée à 289 sièges), mais il aurait été en meilleure position pour négocier des alliances et instaurer en France un régime nazi avec les voix de la droite.