Brûler tous les masques – ceux du colon, mais aussi ceux du colonisé qui se rêve "authentique".
Pas de "reconstruction radicale de soi", de "repersonnalisation", comme si le soi anticolonial existait en latence, prêt à être "ressoudé" ou restauré.
Fanon, bien au contraire, déconstruit toutes les illusions d’un soi précolonial pur, d’une identité antérieure intacte : "Je ne suis pas esclave de l’‘esclavage’ qui déshumanisa mes pères."
Il ne cherche pas à revenir à une authenticité perdue, mais à créer une humanité nouvelle, à travers le dépassement, le conflit, l’engagement – pas la reconstitution.