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Billet de blog 3 septembre 2024

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"L'État de Nature Permanent : La Régulation Illusoire du Marché"*

Ceux qui, par tribalisme ou affinité, bénéficient d'une forme de ruissellement n'ont aucun intérêt à remettre en question un système qui leur assure un confort certain. Bien au contraire, ils revendiquent avec ferveur la poursuite de cette "apparente liberté," prônant la restriction au minimum des services publics et, surtout, la préservation de leurs avantages par le maintien de l'ordre.

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*"ou, pourquoi j'ai tué Macron!". (Précisons qu'il s'agit d'une métaphore symbolique et non d'une intention criminelle 😎)

Le capitalisme, tout comme l'état de nature décrit par Rousseau, repose sur une dynamique où la loi du plus fort prévaut. Dans l'état de nature, l'homme est libre, mais cette liberté est synonyme de domination brute : les plus puissants imposent leur volonté, les faibles se plient ou disparaissent. De même, dans le système capitaliste, les acteurs économiques les plus puissants dictent les règles du jeu, non pas par une légitimité morale, mais par la simple force de leur position.

Ainsi, le capitalisme, à l'image de l'état de nature, est un espace où la véritable loi est celle du plus fort, où la liberté apparente dissimule une servitude insidieuse. Les institutions, loin d'être le contrat social équilibrant les forces, ne sont qu'une façade, masquant le fait que ce contrat est profondément inégal. Dans ce cadre, la justice elle-même, privée de substance devient une marchandise, un privilège que seuls les plus forts peuvent se permettre d'acquérir.

En l'absence de contrat social, l'entreprise, comme le sauvage dans l'état de nature, évolue dans un environnement où règne la loi du plus fort. Chaque entreprise agit uniquement selon ses intérêts immédiats, cherchant à maximiser ses profits et à étendre son influence, sans autre considération que sa propre survie et son expansion. C'est de cette dynamique brutale que résulte notamment dans les Antilles françaises, la pollution irréparable des sols, et la monoculture subventionnée délétère. Dans cet état pré-contractuel, il n'existe ni règles communes, ni lois supérieures, seulement une compétition féroce où les plus puissantes asservissent ou écrasent les plus faibles. Les relations entre entreprises ne sont régies que par la force brute, l'intimidation ou la ruse.

Mais contrairement à l'état de nature exposé par Rousseau, dans notre contexte, les "plus forts" dans une mécanique subtile, se sont regroupés, afin de limiter au minimum l'insécurité latente inhérente à la domination brute en s'accordant une sorte de pacte de non agression, un contrat social au rabais, de quelques uns, c'est le principe de l'oligarchie, encore une fois, très présente dans les Antilles françaises.  

En effet, sans le cadre structurant d'un contrat social, chaque entreprise est à la merci des caprices des autres, constamment menacée par des acteurs plus puissants, cherchant à se protéger par tous les moyens nécessaires. L'accumulation de richesses et de pouvoir devient l'unique mesure de succès, et ce, au détriment de toute forme de justice ou d'équité. Ainsi, dans cet état de nature économique, la « liberté » de l'entreprise n'est en réalité qu'une liberté sauvage, une liberté de dominer ou d'être dominée, où les lois de la jungle règnent en maître.

La régulation des activités commerciales, prétendument assurée par le Droit et surveillée par les services de l'État, tels que la Direction de la Concurrence et l'Autorité de la Concurrence, ainsi que par la justice chargée de l'application et de l'interprétation des lois, se révèle en réalité dénuée de portée pratique et de substance. Cette ineffectivité n'est pas simplement le résultat d'une inefficience administrative, mais découle d'une corruption omniprésente qui gangrène ces institutions. Les moyens alloués à ces organes de régulation sont délibérément insuffisants, orchestrant ainsi leur incapacité à remplir leur mission.

Le droit international, censé réguler le libre-échange à l'échelle mondiale, n'échappe pas à cette dynamique. Il devient, lui aussi, une vaste fumisterie, où les règles du commerce international sont détournées ou ignorées, réduisant l'idée même de régulation à une simple illusion. En fin de compte, les mécanismes qui devraient garantir l'équité et la justice dans les échanges commerciaux, tant au niveau national qu'international, sont vidés de leur substance, laissant place à une régulation théorique et inefficace.

Ceux qui, par tribalisme ou affinité, bénéficient d'une forme de ruissellement n'ont aucun intérêt à remettre en question un système qui leur assure un confort certain. Bien au contraire, ils revendiquent avec ferveur la poursuite de cette "apparente liberté," prônant la restriction au minimum des services publics et, surtout, la préservation de leurs avantages par le maintien de l'ordre. Cet état d'esprit, ancré dans l'hémisphère droit de notre sphère politique, se satisfait pleinement de ces petits arrangements entre amis, qui, pourtant, sont profondément préjudiciables au plus grand nombre.

Il est grand temps de mettre le feu à ces connivences, de dénoncer ces compromissions qui servent une minorité au détriment de la collectivité. Il faut s'accorder enfin sur un véritable "Contrat social," capable de refonder notre société sur des bases justes et équitables. C'est l'essence même de la Sixième République, une nécessité pour rétablir l'équilibre et redonner du sens à la démocratie.

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