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Billet de blog 3 septembre 2024

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"Permis de Voter : Évaluer l'Humain pour Renforcer la Démocratie"

Dans un contexte où la démocratie est de plus en plus vulnérable à des influences parasites, l'instauration d'un "permis de voter" basé sur les qualités humaines prend une importance cruciale. Aujourd'hui, les processus électoraux sont exposés à une multitude de forces qui menacent l'intégrité du vote et la souveraineté citoyenne.

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Influences Technologiques et Manipulation de l'Information

L'essor de l'intelligence artificielle et des algorithmes de manipulation des informations, notamment via les réseaux sociaux, a transformé le paysage démocratique. Ces technologies peuvent créer des bulles de désinformation, renforcer les biais cognitifs, et orienter les électeurs vers des choix non éclairés, souvent dictés par des forces invisibles et non démocratiques. Le recours à des tests de personnalité pour l'obtention d'un permis de voter pourrait aider à s'assurer que les citoyens sont mieux préparés à résister à ces manipulations en encourageant des qualités telles que l'esprit critique et l'ouverture d'esprit.

Ingérences Extérieures, Influence des Think Tanks et des Intérêts Économiques, Concentration des Médias...

Les ingérences extérieures, que ce soit sous forme de cyberattaques, de propagande étrangère, ou de financement occulte de certains partis politiques, posent une menace directe à la souveraineté des démocraties. Des pays adversaires ou des organisations étrangères peuvent tenter de déstabiliser des élections pour servir leurs intérêts géopolitiques. En renforçant les critères d'empathie, de responsabilité, et de conscience chez les électeurs, un permis de voter pourrait contribuer à former une population plus résiliente face à ces tentatives de manipulation.

Les think tanks financés par des intérêts économiques puissants, tels que le patronat, jouent un rôle de plus en plus important dans la formation des politiques publiques. Des projets comme le Projet Périclès ou le Réseau Atlas, souvent financés par des grandes entreprises ou des milliardaires, influencent le débat public et orientent les choix politiques vers des intérêts privés, au détriment du bien commun. Un "permis de voter" pourrait contribuer à s'assurer que les électeurs ne sont pas uniquement réceptifs aux messages de ces groupes d'influence, mais qu'ils votent en ayant une vision équilibrée des enjeux, ancrée dans un véritable souci du collectif.

La concentration des médias entre les mains de quelques milliardaires renforce également la nécessité d'un tel système. Lorsque l'information est contrôlée par une minorité ayant des intérêts financiers spécifiques, la pluralité des opinions et la liberté d'expression sont compromises. Les tests de personnalité orientés vers l'évaluation de l'humilité, de l'empathie, et de la conscience sociale peuvent aider à former des citoyens capables de chercher des sources d'information diversifiées et de faire preuve de discernement, au lieu de se laisser influencer par une presse biaisée.

De nombreux pays, comme les États-Unis, le Canada, et l'Allemagne, exigent que les immigrants passent un test de citoyenneté pour devenir citoyens, ce qui inclut des connaissances sur le pays et des valeurs civiques. Bien que cela soit appliqué aux nouveaux citoyens et non à ceux qui sont nés dans le pays, cela s'approche de l'idée d'évaluer l'aptitude civique.

Tout comme il est nécessaire d'obtenir un permis de conduire pour prendre le volant ou un permis de port d'arme pour détenir une arme à feu, il pourrait être pertinent d'introduire un "permis de voter," un rite de passage citoyen garantissant que chaque électeur est conscient de ses responsabilités dans la vie commune. Ce permis ne serait pas une forme de suffrage censitaire, car il ne serait pas basé sur des connaissances sociales ou politiques, mais sur les qualités humaines essentielles à un citoyen.

Un Bouclier contre les Menaces

Face aux multiples menaces pesant sur l'indépendance du vote, l'instauration d'un "permis de voter" pourrait agir comme un bouclier, renforçant la démocratie en s'assurant que chaque vote est le résultat d'une réflexion mûre et éclairée. Ce système ne chercherait pas à exclure, mais à élever le niveau de responsabilité individuelle au sein du processus démocratique, en favorisant des qualités humaines essentielles à une participation électorale authentique et respectueuse du bien commun.

Le concept de contrat social, tel que proposé par Rousseau, repose sur l'idée que les individus, en entrant dans la société, acceptent de renoncer à une partie de leur liberté individuelle pour garantir la sécurité et le bien-être collectif. En échange, ils obtiennent des droits et des protections. Le droit de vote est l'un des moyens par lesquels les citoyens participent à la direction de cette société.

En droit des contrats, l'exigence d'un consentement éclairé et exempt de vices est fondamentale pour la validité de tout engagement contractuel. Cette logique peut être appliquée de manière pertinente à l'idée d'un "permis de voter" dans le cadre du contrat social.

Consentement Éclairé dans le Droit des Contrats

Dans le droit des contrats, pour qu'un contrat soit valide, il est nécessaire que le consentement des parties soit libre, éclairé, et exempt de vices tels que l'erreur, la fraude, ou la contrainte. Cette exigence garantit que les parties comprennent réellement les termes de l'accord et les obligations qu'elles prennent sur elles. Cela repose sur la notion que chacun doit être en mesure d'évaluer les conséquences de ses engagements, afin que le contrat soit juste et équitable.

Parallèle avec le Droit de Vote

Le droit de vote, dans une démocratie, est une forme de contrat social où chaque citoyen, en participant à l'élection de ses représentants ou à la prise de décisions collectives, engage sa responsabilité envers la communauté. Si l'on applique la logique du consentement éclairé à l'acte de voter, il devient essentiel que chaque électeur soit conscient des enjeux et des implications de son choix. Cela garantit que le processus démocratique est basé sur une compréhension véritable et non sur des décisions prises à la légère ou sous l'influence de facteurs externes.

"Permis de Voter", idée choquante, mais ...

Un "permis de voter" pourrait ainsi être vu comme un mécanisme visant à assurer que le consentement des électeurs est véritablement éclairé. En exigeant un certain niveau de réflexion, d'empathie, et de conscience des enjeux avant de permettre à quelqu'un de voter, on s'assure que l'électeur est capable de comprendre l'importance de son choix pour le contrat social.

Tout comme un contrat n'est valide que si le consentement est éclairé et exempt de vices, le processus démocratique ne peut être pleinement légitime que si les votes exprimés le sont en toute connaissance de cause. Le "permis de voter" ne serait donc pas une restriction du droit de vote, mais une garantie que ce droit est exercé de manière responsable et en accord avec les principes fondamentaux du contrat social.

Renforcement de la Démocratie

En intégrant cette exigence d'un consentement éclairé dans le cadre électoral, on renforce non seulement la validité du processus démocratique, mais on protège aussi la société contre les effets potentiellement déstabilisants de décisions prises sans réflexion ou sous l'influence de manipulations. Ce système vise à faire en sorte que chaque vote contribue réellement à l'intérêt général, conformément aux idéaux du contrat social.

Il est essentiel de différencier ce système d'un suffrage censitaire, qui restreindrait le droit de vote à une élite en fonction de critères économiques ou intellectuels. Le "permis de voter" ne serait pas basé sur les connaissances sociales, politiques, ou économiques, mais sur des qualités humaines telles que l'empathie, le sens des responsabilités, et la conscience des enjeux collectifs.

En ce sens, il s'agit d'une extension du contrat social : pour que le contrat soit légitime et efficace, ceux qui participent aux décisions doivent démontrer un minimum de capacité à envisager les conséquences de leurs choix sur l'ensemble de la société. Cette exigence ne vise pas à exclure, mais à renforcer la qualité et la responsabilité du processus démocratique.

Comment?

Il est tout à fait envisageable de concevoir un tel rite de passage sous la forme de tests de personnalité objectifs, plutôt que d'un grand oral, ce qui permettrait d'éviter les problématiques liées à la subjectivité et à la composition d'un jury. Voici comment cela pourrait être structuré :

Les tests de personnalité sont déjà largement utilisés dans divers contextes (recrutement, développement personnel, etc.) pour évaluer des traits tels que l'empathie, la conscience, l'humilité, l'ouverture d'esprit, et le sens des responsabilités. Ces tests peuvent être conçus pour mesurer de manière objective et standardisée les qualités humaines essentielles à un citoyen engagé et responsable.

Le rite de passage pourrait inclure des tests qui évaluent les critères suivants :

  • Empathie : Capacité à comprendre et partager les sentiments d'autrui, ce qui est essentiel pour voter en considérant les conséquences pour l'ensemble de la société.
  • Conscience : Sens aigu des responsabilités, intégrité, et rigueur dans la prise de décision.
  • Humilité : Capacité à reconnaître ses propres limites et à rester ouvert à l'opinion d'autrui.
  • Ouverture d’esprit : Disposition à accepter des idées différentes, à remettre en question ses propres convictions, et à s’adapter à des perspectives nouvelles.
  • Sens des responsabilités : Compréhension des conséquences de ses actes et capacité à assumer les impacts de ses décisions sur la communauté.

Ces tests pourraient être développés par des experts en psychologie sociale et en psychométrie, de manière à garantir leur objectivité et leur fiabilité. L'utilisation de tests psychométriques standardisés permettrait de réduire au maximum les biais, en assurant que tous les citoyens passent par les mêmes critères d'évaluation, quel que soit leur origine, leur culture ou leur niveau d'éducation.

  • Formation Préliminaire : Avant de passer les tests, les citoyens pourraient suivre une formation civique qui les prépare aux enjeux du vote et leur permet de mieux comprendre le rôle des qualités humaines dans la démocratie.
  • Passation des Tests : Les tests de personnalité seraient passés dans un cadre neutre et sécurisé, avec des résultats anonymes pour garantir l'impartialité.
  • Feedback et Développement : En cas d'échec, des retours anonymes et constructifs pourraient être donnés, avec des suggestions pour travailler sur les aspects manquants avant de repasser les tests. Ce processus encouragerait le développement personnel, plutôt que l'exclusion.

Les tests de personnalité pourraient être perçus comme discriminants, mais s'ils sont bien conçus, ils mesureront des qualités humaines universelles plutôt que des compétences culturelles ou intellectuelles spécifiques.

Le processus pourrait être transparent, avec des audits réguliers pour s'assurer de l'équité des tests, et des mécanismes d'inclusion pour aider ceux qui échouent à atteindre les critères nécessaires.

Alors, choquant, dérangeant, mais est-ce complètement débile?

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