A quoi rime cette présence massive délirante de forces de l'ordre autour d'un rassemblement militant?
Des engins de chantier brulés? Bof, est-ce un aveux d'impuissance à sécuriser du matériel?
Selon le sociologue Tony Jefferson, le mode de fonctionnement même des forces de polices militarisées chargées du maintien de l'ordre, qui se préparent toujours au pire, et donc sont toujours trop nombreux et trop équipés, fait qu'ils apparaissent en eux-mêmes comme une provocation. Un rang de policiers en armure anti-émeute ignifugée avançant derrière un mur de boucliers est à la fois intimidant et provocateur (et incite au jet de pierre selon certains policiers).
Dans un contexte de dérive autoritaire le rapporteur spécial de l’ONU, Michel Forst, a demandé aux autorités françaises d’agir sur la répression policière visant les activistes du projet de l’autoroute A69 dans le Tarn et demande «une enquête et des sanctions».
Le «fort sentiment d’injustice et d’impuissance» des défenseurs de l’environnement présents sur place est «exacerbé par une présence massive de forces de l’ordre», ajoute-t-il. Michel Forst fait également état «d’autres informations très préoccupantes, relatives aux méthodes de maintien de l’ordre pendant les différents rassemblements à proximité du site».
Les manifestations contre le projet largement contesté d'autoroute A 69 ont prouvé leur légitimité par l'ampleur de la mobilisation et les cautions scientifiques. L'entêtement des pouvoirs publics à soutenir un tel projet constitue en soi une violence antidémocratique.
Dans ces conditions, c'est au pouvoir politique qu'incombe l'entière responsabilité des dommages causés par la présence et surtout l'action des FO. La moindre blessure commise par des policiers surarmés devrait être suivie de démissions immédiates en chaine et de poursuites judiciaires au plus haut niveau. L'usage de la force dans ce contexte de provocation politique pour l'autoroute la plus cher de France est parfaitement illégitime.