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Billet de blog 8 décembre 2024

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Votre-Dame de Paris : Symbole de Foi ou Folie de la Vanité humaine?

L'Éloge d'une Démesure à Contre-Courant de l'Évangile et de l'Écologie, par des personnalité aussi burlesques que Trump, Musk, Sarkozy, Denis Sassou Nguesso, Gnassingbe et tous les autres oligarques ou dictateurs venus célébrer la "renaissance" du monument ambivalent est un symbole fort des contradictions de notre humanité...

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La reconstruction de Notre-Dame de Paris, après l’incendie de 2019, ravive un débat crucial sur la pertinence des monuments de démesure dans un monde en quête de sobriété. Symbole de grandeur culturelle et spirituelle, cette cathédrale est pourtant aussi le reflet d’une contradiction profonde entre les valeurs qu’elle prétend incarner et les réalités sociales, spirituelles et écologiques contemporaines.

Historiquement, Notre-Dame et d’autres cathédrales gothiques furent érigées comme des hommages à la gloire de Dieu mais aussi et surtout à la puissance de l'église. Mais derrière cette intention affichée, ces édifices traduisent également une quête de prestige terrestre, souvent au détriment des plus pauvres.

Les sociétés médiévales, marquées par de profondes inégalités et un asservissement des masses, mobilisaient des ressources colossales pour ces constructions, alors que les populations laborieuses peinaient à survivre. Cette démesure, déjà dénoncée par des courants dissidents comme les cathares ou plus tard les protestants, s’oppose frontalement à la parole de Jésus. Celui-ci prônait l’humilité, le détachement des richesses matérielles, et une relation intime avec le divin, loin des manifestations ostentatoires. "Ne vous amassez pas des trésors sur la terre", disait-il, rappelant l’éphémère vanité des constructions humaines.

Aujourd’hui, dans un contexte marqué par l’urgence écologique et les crises sociales, l’empressement des élites financières à reconstruire Notre-Dame "à l’identique" illustre une déconnexion troublante. Alors que des millions de personnes souffrent de précarité et que la planète réclame des choix radicaux pour sa survie, des sommes astronomiques sont allouées à la restauration d’un monument qui, aussi emblématique soit-il, reste fondamentalement inutile d’un point de vue social. Cet empressement met en lumière une contradiction flagrante : comment concilier un édifice symbolisant l'aliénation du dogme catholique avec des valeurs de sobriété et de justice prônées par l’Évangile, mais aussi exigées par notre époque ?

Le paradoxe s’accentue encore lorsqu’on l’aborde sous l’angle écologique. La reconstruction de Notre-Dame mobilise des matériaux et des ressources dans un monde où chaque action humaine devrait tendre à minimiser son impact sur l’environnement, et que dire du choix technique du plomb qui ne manquera pas d'empoisonner les artisans et les parisiens.

À une époque où les principes d’économie circulaire et de sobriété énergétique devraient guider nos choix, cet effort apparaît comme une glorification de la vanité humaine plutôt qu’un acte véritablement spirituel ou durable. Le symbole même de la cathédrale, censé élever l’âme, devient alors le reflet d’une humanité accrochée à des valeurs dépassées, privilégiant la grandeur matérielle à une quête de sagesse intérieure. La seule probable élévation que va générer ce gros machin c'est celle de l'ego déjà obèse de Macron.

Cette réflexion dépasse le simple cas de Notre-Dame. Elle interroge notre rapport collectif à la démesure, à la quête de prestige, et à l’héritage des grandes œuvres humaines. Que signifient ces constructions aujourd’hui, dans un monde où les priorités devraient être recentrées sur l’humain, la justice sociale et la préservation de la planète ? C'était à l'époque une forme de "publicité" destinée à faire avaler aux pauvres gens une vaste supercherie. Si le message ne suffit pas à lui même (et pour cause) il lui fallait un emballage à la hauteur... finalement rien à envier à la stratégie commerciale des steaks Charal... un emballage sexy pour un contenu discutable. Les belles recettes du marketing de la foi.

Les cathédrales du passé, tout comme les prouesses technologiques modernes – architecture, fusées, bombe atomique, missiles hypersoniques, infrastructures extravagantes – témoignent d’un même élan : l’exaltation de la domination humaine sur la nature et sur elle-même. Mais cet élan, souvent dévoyé par la vanité et la compétition, nous éloigne sans doute de l’essentiel.

En 1986, Houphouët-Boigny fait construire à Yamoussoukro (avec le sang des ivoiriens), son village natal, la plus grande basilique du monde : un véritable concours de b...? 

Face à ces constats, il semble urgent de réinterroger les fondements mêmes de ce que nous voulons célébrer et transmettre. La reconstruction de Notre-Dame aurait pu être l’occasion d’un acte collectif symbolisant la transition vers une nouvelle ère, marquée par la sobriété et la solidarité. Au lieu de cela, elle apparaît comme une tentative de perpétuer des valeurs d’un autre temps, où la richesse et le prestige prenaient le pas sur l’équité et l’écologie. Notre école publique est en péril, notre modèle social, notre fonction publique touchent le fond et sont gravement menacés par les Javier Milei à la française mais nous soutenons des projets mégalos...

L’humanité, pour trouver un chemin durable, devra sans doute apprendre à célébrer la simplicité et à réinventer sa créativité dans une optique d’équilibre. Les paroles d'un Jésus, prônant l’humilité et le service des autres, résonnent encore aujourd’hui comme un rappel salutaire.

Peut-être est-il temps de construire non plus des cathédrales de pierre, mais des "cathédrales" de sobriété, où l’art et la technique servent enfin la vie plutôt que la vanité. Cette rénovation n'est pas un symbole de progrès de l'humanité, tout au plus le marqueur d'une triste révolution conservatrice en marche... aux frais du contribuable.

D'ailleurs, le boss de l'église lui même a boycotté à juste titre l'évènement. Finalement, il est sympathique ce François.

Amen. 

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