Xoreeyo (avatar)

Xoreeyo

Créateur de contes, nu.

Abonné·e de Mediapart

581 Billets

1 Éditions

Billet de blog 10 décembre 2024

Xoreeyo (avatar)

Xoreeyo

Créateur de contes, nu.

Abonné·e de Mediapart

L'urgence d'une approche psychanalytique du conflit israélo-palestinien

Une approche psychanalytique de ces dynamiques pourrait permettre de mettre en évidence l'impact des traumatismes transgénérationnels qui se transmettent chez ces deux peuples frères dans un conflit sans fin. Ces traumatismes, en créant des ombres psychologiques collectives, nourrissent les peurs exacerbées et la lutte de survie dans un contexte de fanatisme religieux.

Xoreeyo (avatar)

Xoreeyo

Créateur de contes, nu.

Abonné·e de Mediapart

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Xoreeyo revoit sa position concernant le conflit israélo-palestinien. Se borner à condamner l'abominable génocide qui se déroule sous nos yeux revient probablement à passer à côté de l'essentiel, à choisir un camp et entretenir ainsi la haine et l'incompréhension réciproque.

Et si une piste de solution au conflit était de commencer par arrêter de "soutenir" une répartition communautaire de la culpabilité. Si la responsabilité directe des dirigeants, Israéliens et Palestiniens (mais pas que...) dans ce conflit sans fin est indiscutable, condamner les peuples serait une erreur. Le conflit est soigneusement nourrit de peur et de haine des deux côtés, par calcul politique évidemment, mais également par le jeu de mécanismes invisibles complexes. Et si ces deux peuples étaient malades de leur surmoi?

Le conflit israélo-palestinien, marqué par des décennies de violence, de peur et de haine, puise ses racines dans des blessures historiques profondes. En examinant les parallèles entre la Shoah et la Nakba, ou entre le ghetto de Varsovie et celui de Gaza, on découvre une tragédie doublement poignante : deux peuples malmenés à travers les siècles, partageant des origines communes, enfermés dans un cycle d'aliénation réciproque. Ces tragédies, bien que distinctes dans leur contexte, révèlent des effets similaires : déshumanisation, pertes irréparables et mémoires collectives fragmentées. La Shoah représente l’extermination systématique des Juifs d’Europe, un traumatisme indélébile récent pour le peuple juif. De son côté, la Nakba, marquée par l'exode forcé des Palestiniens en 1948, symbolise la dépossession et l’exil d’un autre peuple. Pourtant, l’incapacité des deux camps à reconnaître les souffrances mutuelles alimente les récits incompatibles et les conflits.

Le parallèle entre le ghetto de Varsovie, où les Juifs étaient entassés dans des conditions inhumaines, et la situation de Gaza, souvent qualifiée de « plus grande prison à ciel ouvert », illustre cette continuité dans la marginalisation et le confinement des populations vulnérables. Dans ces deux cas, les tentatives de résistance, qu’il s’agisse de la révolte du ghetto de Varsovie ou des luttes armées palestiniennes, ont été réprimées violemment, exacerbant un cycle de haine et de violence. La déshumanisation est au cœur de ces dynamiques. Pendant la Shoah, les Juifs furent déshumanisés.

Aujourd’hui, les Palestiniens subissent des mécanismes similaires. Paradoxalement, ces deux peuples partagent des origines ethniques et religieuses communes, ce qui renforce l’ironie tragique de leur conflit. 

"Human Rights Watch" a ainsi condamné les récentes déclarations du ministre israélien de la Défense Yoav Galant à propos des Palestiniens : "Nous imposons un siège total contre la ville de Gaza. Il n'y a pas d'électricité, pas de nourriture, pas d'eau, pas de carburant. Tout est fermé. Nous combattons les animaux humains et nous agissons en conséquence", a déclaré le ministre israélien.

Cette aliénation prend racine non seulement dans les traumatismes historiques mais aussi dans leur instrumentalisation politique. Les dirigeants des deux côtés exploitent ces blessures pour justifier des politiques répressives ou expansionnistes, empêchant toute introspection collective.

Ce processus est amplifié par une aliénation religieuse commune, issue de la déviation des valeurs spirituelles originales au profit de visions dogmatiques. Juifs et musulmans partagent des racines dans le monothéisme abrahamique, avec des valeurs similaires de justice et de compassion, mais ces fondements ont souvent été détournés pour alimenter des divisions et justifier des violences.

Dans ce cadre, les idéologies comme le djihad islamique ou la notion de guerre sainte en Israël incarnent des formes extrêmes d’aliénation mentale et de négation de l’humain par radicalisation religieuse. Ces deux mouvements, bien que distincts dans leurs expressions, sont fondés sur une vision dichotomique du monde, où l’autre est vu comme un ennemi à éradiquer. Dans les deux cas, la foi est manipulée pour servir des ambitions politiques et militaires, au détriment des valeurs originelles de paix et de coexistence. La guerre sainte d’Israël, imprégnée d’un sionisme messianique, trouve un écho dans le djihad, où la lutte armée est présentée comme un devoir religieux. Ces idéologies, profondément aliénantes, privent leurs adeptes de la capacité à voir l’humanité de l’autre, prolongeant ainsi le cycle de violence.

Une approche psychanalytique de ces dynamiques pourrait permettre de mieux comprendre les traumatismes transgénérationnels qui se transmettent chez ces deux peuples. Ces traumatismes, en créant des ombres psychologiques collectives, nourrissent les comportements défensifs et les peurs exacerbées, souvent projetées sur l’autre. Reconnaître cet état d’aliénation mutuelle est une étape indispensable pour sortir de ces schémas destructeurs. Ce travail implique une introspection collective et une volonté de dépasser les récits simplistes de victimisation ou de culpabilité.

La reconnaissance des souffrances respectives, que ce soit la Shoah pour les Juifs ou la Nakba pour les Palestiniens, pourrait poser les bases d’un dialogue authentique. Par ailleurs, une redécouverte des racines religieuses et culturelles partagées pourrait ouvrir une voie vers une réconciliation spirituelle et politique.

Cela supposerait une déradicalisation des visions religieuses et la capacité de leaders des deux côtés à dépasser les discours de division. Explorer ces parallèles historiques et psychologiques, c’est admettre que Juifs et Palestiniens partagent plus qu’un conflit : ils partagent une humanité commune, une aliénation commune et, peut-être, une aspiration commune à la paix.

Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.