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Billet de blog 11 avril 2025

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Politique et Entreprise : une passion réciproque

On entend souvent les chefs d’entreprise, particulièrement ceux qui se considèrent les plus "puissants", reprocher aux responsables politiques de "ne rien comprendre au monde de l’entreprise". Ce reproche repose sur une illusion. Car la politique est elle-même une entreprise.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La politique n'a rien à envier à l'Entreprise. Elle a ses coûts de fonctionnement, ses ressources, ses clients (les électeurs), ses actionnaires implicites (les groupes d’intérêt), son marketing, sa marque, ses produits (programmes, lois), son service après-vente (communication) et ses intérêts propres (réélection, pouvoir), ses déviances, fraude fiscale, abus de bien social, détournement.
Les responsables politiques produisent eux aussi quelque chose : une pensée politique ultratransformée, une production intellectuelle souvent grasse et sucrée et symbolique et qui, rarement lorsqu’elle est authentique, structure profondément la société, l’économie et la culture.

Mais dans sa forme actuelle dominante, la pensée politique simpliste n'est plus au service du collectif.
Elle est dévoyée : au lieu de structurer la société, elle sert des intérêts particuliers — la carrière individuelle, les clientèles électorales.
Elle n’élève plus, elle administre. Elle parasite plus qu’elle ne construit.

Quant à l'idée que les politiques ignoreraient "le marché concurrentiel classique", elle relève d'une autre illusion.
Le "marché libre et concurrentiel" n’existe pas. Il n’a jamais existé.
Dans tout régime libéral, la concurrence est structurellement faussée par la loi du plus fort : le plus riche, le plus influent, celui qui parvient à plier les règles à son avantage.
Ceux qui dénoncent l'ignorance économique des politiques oublient souvent qu'eux-mêmes vivent d'une concurrence truquée, largement dépendante des lois, des rentes, du favoritisme institutionnalisé.

Non le MEDEF à tort, les politiques n'ignorent rien de l'entreprise.

En vérité, le monde politique et le monde économique sont deux branches d’une même logique de captation du pouvoir.
Chacun joue son rôle dans une mécanique profondément imbriquée.
Ce n’est pas une question d’incompréhension entre "entrepreneurs" et "politiques" — mais une question de finalité : produire pour qui ? pour quoi ? pour quelle vision de la société ?

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