"Qui est le véritable criminel : l’homme qui presse la détente ou le système qui tue ?"
Personne ne peut se réjouir de la mort d'un homme quelles que soient ses actions par ailleurs.
Mais le procès à venir de cet homme ayant abattu le CEO de la plus grande compagnie d’assurance santé au monde pourrait constituer un moment crucial dans l’histoire contemporaine des États-Unis.
Loin de se limiter à juger un acte individuel, ce procès pourrait devenir une tribune nationale pour interroger les abus systémiques d’un capitalisme débridé. En effet, derrière ce geste désespéré se cache un cri de détresse collectif face à un modèle économique qui sacrifie les droits humains fondamentaux, notamment le droit à la santé, au profit d’une accumulation de richesse indécente.
Le système de santé américain est l’exemple parfait d’une économie brutale et inique de marché où les profits priment sur les vies humaines. Les témoignages accablants qui émergent aujourd’hui contre cette compagnie montrent une réalité glaçante : des millions d’Américains privés de soins essentiels, des décès évitables, et une souffrance généralisée.
L’accusé, bien que coupable d’un crime grave, incarne pour beaucoup la révolte légitime d’une population aliénée et dépossédée de ses droits les plus élémentaires.
UnitedHealthcare, symbole même de ce cynisme corporatif, a été régulièrement accusé de pratiques abusives. Refus de couverture pour des traitements vitaux, délais interminables pour l’approbation de soins urgents, et litiges judiciaires contre des patients vulnérables : le groupe a démontré une priorité absolue pour ses profits, souvent au détriment de la santé et de la vie de ses assurés. Pendant ce temps, UnitedHealthcare engrange des bénéfices colossaux, distribuant des dividendes records à ses actionnaires et affichant une obésité financière insolente, tandis que des citoyens meurent faute de soins accessibles. Ce comportement illustre une fracture morale flagrante : une entreprise censée protéger ses assurés agit, au contraire, comme un prédateur.
Les exemples de cynisme brutal ne manquent pas aux Etats Unis, à l'instar de l’affaire des Sackler et de Purdue Pharma et cette réalité offre un éclairage troublant sur cette logique mortifère du profit à tout prix. Pendant des années, cette famille, par un marketing agressif et des pratiques cyniques, a délibérément poussé des millions d’Américains vers la dépendance aux opioïdes.
Les Sackler savaient que leurs produits étaient hautement addictifs et mortels, mais ont choisi de masquer ces risques, causant des dizaines de milliers de morts pour enrichir leur empire. Contrairement à l’homme qui a abattu le CEO, les Sackler n’ont jamais été confrontés à une justice équivalente. Ils ont négocié des accords financiers leur permettant de préserver une partie de leur fortune tout en évitant la prison. Pourtant, leur responsabilité dans cette tragédie est bien plus préméditée et systématique.
Ce parallèle soulève une question essentielle : dans quelle mesure la société accepte-t-elle l’injustice structurelle d’un système qui protège les puissants tout en punissant sévèrement ceux qui se révoltent contre lui ? Le geste de cet homme, bien que condamnable, peut être défendu comme une tentative désespérée d’attirer l’attention sur une crise humanitaire ignorée. Contrairement aux Sackler, il n’a pas agi par cupidité mais par indignation face à un système qui tue par omission et négligence.
Le procès à venir représente donc une occasion unique de poser ces questions au grand jour. L’accusé doit être jugé pour ses actes, mais avec la reconnaissance des circonstances atténuantes liées à un contexte d’injustice systémique. Une condamnation symbolique pourrait envoyer un message clair : si la violence ne peut être tolérée, les souffrances engendrées par ces entreprises doivent aussi être traitées avec la même urgence.
Plus largement, ce procès pourrait ouvrir la voie à une mobilisation pour une réforme profonde du système de santé américain. L’exemple des Sackler montre à quel point l’absence de régulation stricte peut conduire à des tragédies massives. Il est temps de responsabiliser les grandes entreprises de santé pour leurs pratiques destructrices et de garantir un accès universel aux soins pour tous les citoyens. Ce procès ne doit pas se limiter à juger un homme, mais à interroger un système entier et à poser les bases d’un changement structurel indispensable.
Si l’on compare les actes de cet accusé et ceux des Sackler, la société devrait s’interroger sur la véritable nature de la culpabilité et de la justice. Le premier a agi dans un geste de révolte face à un système inhumain ; les seconds ont planifié froidement la mort de milliers de personnes pour du profit. Il est impératif que ce procès serve non seulement à juger un individu, mais aussi à condamner l’iniquité d’un système qui, jusqu’à présent, a permis aux plus puissants d’échapper à leurs responsabilités.
Maintenant la récente nomination de TRUMP n'est pas de nature à offrir spontanément une tournure heureuse à cette nouvelle affaire.
Souhaitons que les autorités américaines mettent le même empressement à juger et incarcérer Netanyahu, responsable direct de dizaines de milliers de morts, qu'à écrouer ce jeune militant qui présente toutes les caractéristiques du gendre idéal.