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Billet de blog 15 avril 2025

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Le Medef sort la calculette… mais oublie les externalités négatives du capitalisme

À la veille de la conférence budgétaire initiée par François Bayrou, Patrick Martin, président du Medef, a livré ses "solutions" pour rétablir les comptes publics. Pourtant, aucune remise en question du rôle des grandes entreprises, ni du poids de leurs externalités négatives qui reposent sur la collectivité. Et si c’était là que se cachait le vrai gisement d’économies ?

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Ce mardi matin, Patrick Martin, patron du Medef, a présenté sa vision d’un redressement budgétaire "responsable". Les entreprises, selon lui, "participent déjà grandement à l’effort" et il n’est donc pas question de réduire les aides qu’elles perçoivent. En revanche, il suggère d’augmenter la TVA, "non pour augmenter un impôt", précise-t-il, mais pour "transférer une partie du financement de la protection sociale vers la fiscalité".

Une manœuvre qui revient, de fait, à faire porter une plus grande part du financement collectif sur les consommateurs, et donc sur les plus modestes.

L’autre chantier identifié par le patron des patrons, c’est la dépense sociale, jugée "trop importante". Il dénonce un "coût de gestion des aides sociales de 47 milliards d’euros par an", pointant "l’empilement d’administration, de paperasse, de formulaires, etc." Selon lui, en s’alignant sur les standards européens, la France pourrait économiser "9 à 10 milliards". Mais au-delà des chiffres, c’est surtout une philosophie de responsabilisation à sens unique qu’il défend : celle des plus vulnérables.

Ainsi, il propose de ne plus rembourser certains soins, notamment pour les personnes non vaccinées. "Quand vous avez des patients qui refusent de se faire vacciner et qui ensuite sont hospitalisés aux frais de la collectivité (…) ce ne serait pas illogique de leur dire : vous payez les traitements que vous subissez". Une logique qui fait glisser le débat vers une médecine conditionnelle, à rebours du principe de solidarité sur lequel repose notre système de santé.

Ce qui frappe, c’est le silence assourdissant sur les responsabilités des grandes entreprises. Rien sur les 200 milliards d'euros d'aides publiques perçues chaque année. Rien sur l’évasion fiscale, qui prive l’État de 60 à 100 milliards d’euros par an. Rien non plus sur les externalités négatives du capitalisme — pollution, précarisation, destruction du vivant — dont le coût est largement supporté par la collectivité.

À force de faire de la pauvreté une faute et de la richesse une vertu, on fabrique un modèle de société où l’injustice est présentée comme du bon sens.

Une société où l’on "responsabilise" les faibles et où l’on dédouane les puissants. Mais à force de refuser de voir où se situe réellement la responsabilité, on finit par perdre de vue l’intérêt général.

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