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Billet de blog 24 avril 2025

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Quand un enfant de 15 ans devient le miroir d’une société malade

L’acte commis à Nantes par un adolescent de 15 ans, auteur d’une attaque contre ses camarades et d’un manifeste d’une lucidité glaçante, interroge bien au-delà du fait divers. Car cet acte, aussi terrible qu’insoutenable, ne se contente pas de heurter les consciences : il révèle un échec collectif, et s’impose comme un cri désespéré dans un système qui ne sait plus entendre ses enfants.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

La tragédie porte en premier lieu sur des enfants victimes forcément innocentes et des familles détruites par ce geste déconcertant. Impossible de ne pas penser à eux a leur désarroi et aux conséquences de cet acte.

Suite à une remarque pertinente sur un commentaire. J’introduis ici une réserve concernant le développement qui suit… évidemment, il ne tient que si l’auteur des faits est bien l’auteur sincère du texte qui circule et qu’il ne s’agit pas d’une mise en scène.

🧠 Un texte d’une intelligence saisissante(pour un ado)

Avant de passer à l’acte, cet adolescent aurait laissé un manifeste. Ni délire mystique, ni justification religieuse. Juste un constat, brut, froid, clinique, sur l’état du monde, sur la destruction du vivant, sur l’inhumanité du système technico-capitaliste.
On y retrouve une maturité troublante, un esprit critique rare pour son âge. Ce n’est pas le manifeste d’un fou, mais celui d’un esprit conscient, lucide… et seul.

Il ne cherche pas à se poser en martyr ni en héros. Il reconnaît la monstruosité de son geste, mais semble le considérer comme nécessité biologique : comme si, face à un système malade, il incarnait un anticorps sacrificiel.

🧩 La métaphore immunitaire

C’est l’une des images les plus frappantes du texte : le jeune auteur compare son geste à une réaction immunitaire. Dans son raisonnement, la société est un organisme infecté, gangrené par ses propres contradictions, et son geste devient celui d’une cellule qui se retourne contre l’ensemble pour le forcer à réagir.

On peut s’indigner, et on doit le faire. Mais on ne peut ignorer la cohérence terrible de cette métaphore biologique. Ce n’est pas une revendication idéologique ; c’est un désespoir radical poussé à l’extrême.

🧨 Action politique ou pathologie ?

Ce geste ne peut être défendu. Il a blessé, détruit, et ciblé des enfants. Mais il ne peut pas non plus être réduit à un simple "coup de folie". Il ne relève ni totalement du droit commun, ni d’une logique terroriste classique, ni même de la pathologie isolée (même si la radicalité laisse supposer une identification de l'auteur à ses schémas mentaux sans métacognition).

C’est un acte politique extrême, comme l’ont été d’autres dans l’histoire — pas parce qu’il propose une solution, mais parce qu’il pose une question avec une brutalité inouïe :

"Jusqu’à quand allez-vous ignorer l’état de ce monde ?"

🚸 Un enfant qui rappelle aux adultes leur responsabilité

Cet adolescent de 15 ans n’est pas un monstre. Il est, tragiquement, le produit de notre époque. Un reflet sombre, tordu, insupportable… mais peut-être le seul que certains accepteront de regarder.

L’horreur de son acte ne doit pas effacer la profondeur de son analyse. Car il n’a pas tué par nihilisme, ni par haine gratuite : il a tué par désespoir lucide, en pensant réveiller une société qui s’accommode de son propre effondrement.

🛑 Ne pas justifier. Mais écouter.

Il ne s’agit pas ici de pardonner ni d’excuser. Il s’agit de comprendre ce que cet acte dit de nous.

Et si ce garçon, en nous confrontant à la violence ultime, ne faisait que pousser à l’extrême l’indifférence qui le précède ?
Et si son geste n’était que la version inversée d’un monde où les jeunes ne croient plus aux promesses d’avenir, parce que l’avenir leur a été volé ?

✍️ Un miroir brisé

Ce drame n’est pas une exception. C’est un symptôme. Non pas celui d’un individu "déviant", mais d’un système qui désespère ses enfants.
Ce n’est pas un cas psychiatrique. C’est un cri politique. Tragique, irrécupérable, mais impossible à ignorer.

Ce jeune garçon nous rappelle, malgré lui, que dans un monde qui ne veut plus écouter les vivants, la mort finit par parler.

Alors,  assistons nous au retour de l’action directe radicale d’extrême gauche (mais en mode loup solitaire) (a la différence des années 1970 avec la RAF, Action directe, Brigades rouges) visait le pouvoir, les symboles d’un système oppresseur, avec une intention politique explicite, souvent marxiste ou anarchiste? Le discours est là, mais la cible est incohérente, voire absurde (des enfants)...

Le plus probable demeure l'acte désespéré d'un enfant intelligent et conscient radicalisé par écoanxiété généralisée, donc une victime de nos échecs.

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