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Billet de blog 25 septembre 2024

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Martinique RPPRAC combat la vie chère, tandis qu'AMAZON rétablit l'esclavage

Pendant que l’attention reste focalisée sur les prix dans les rayons des supermarchés voyous, un autre type d’asservissement, plus insidieux et global, prospère à l’ombre de l’économie numérique. Des plateformes comme Amazon Mechanical Turk (AMT) ou Uber, sous des apparences de flexibilité et de liberté, réinstallent une forme moderne d'esclavage...

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

En Martinique, la lutte du RPPRAC, qui s’inscrit dans une certaine continuité des mouvements sociaux de 2009, vise à faire baisser les prix de la grande distribution. Ce combat, centré sur la baisse du coût de la vie, reflète une revendication légitime pour un accès plus équitable aux produits de consommation courante. Cependant, cette lutte s'inscrit dans une logique d'amélioration des conditions de consommation, non dans une rupture avec le système aliénant qui a précipité ces crises. On ne renverse pas la table, on la rêve plus garnie.

Pendant que l’attention reste focalisée sur les prix dans les rayons des supermarchés, un autre type d’asservissement, plus insidieux et global, prospère à l’ombre de l’économie numérique. Des plateformes comme Amazon Mechanical Turk (AMT), sous des apparences de flexibilité et de liberté, réinstallent une forme moderne d'esclavage, où des millions de travailleurs à travers le monde sont soumis à des conditions de travail débiles, invisibles et contrôlées par des algorithmes. Cette résurgence de l'exploitation, bien que différente des chaînes visibles d'autrefois, n'en est pas moins oppressive.

Un slogan sexy :

"Accédez à une main-d'œuvre mondiale, à la demande, 24h/24 et 7j/7"

Ironie de l'histoire : la population, jadis mobilisée contre l'exploitation coloniale, fatiguée par des décennies de luttes pour l'émancipation et contaminée par l'individualisme libéral, semble aujourd'hui indifférente à cette nouvelle forme de servitude numérique. Alors que l’on lutte pour obtenir des prix plus justes dans les grandes surfaces, on ferme les yeux sur l’exploitation invisible mais tout aussi violente qui se déroule dans les nuages du cloud, une plantation immatérielle gérée par des géants comme Jeff Bezos. Ici, l’aliénation n’est plus uniquement physique ou économique, elle est également technologique et mentale.

Ainsi, pendant que la Martinique cherche à améliorer ses "conditions de consommation" sans véritablement remettre en cause le système qui alimente cette exploitation et sans conscience qu'il lui faudrait remplacer le vil concept du "pouvoir d'achat" par un "devoir de sobriété" , le monde se retrouve piégé dans une logique d’asservissement global. L’esclavage (contemporain), incarné par des plateformes numériques qui promettent l’autonomie tout en exploitant la précarité, se déploie, mais cette fois sans émouvoir un peuple (jadis) domestiqué.

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