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Billet de blog 26 mars 2025

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Société Générale: Débâcle idéologique des syndicats bancaires?

« La direction générale doit considérer ses salariés en France et respecter le dialogue social. Nous attendons autant d'ambitions pour le capital humain que pour la rentabilité économique de l'entreprise », soulignent les syndicats.

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How dare you ! Aurait pu dire Greta...

Un syndicat est censé défendre la dignité du travailleur, non sa rentabilité. Or, en parlant de capital humain, il accepte implicitement l’idée que la valeur d’un salarié se mesure à son rendement ou à sa capacité à générer du profit.
👉 Ce glissement lexical peut être vu comme une soumission au langage de l’adversaire, donc une défaite idéologique.

Dans le secteur bancaire, le rôle des syndicats est à la fois ambigu et périlleux. Ils évoluent dans un environnement profondément compromis, où les pratiques douteuses — fraudes massives, blanchiment, montages offshore, violations d’embargos — ne sont plus des accidents mais des éléments structurels du système.

Face à cela, peut-on sérieusement prétendre lutter contre le capitalisme tout en profitant des avantages considérables offerts par une grande banque ? Peut-on garder intacte son intégrité lorsqu'on évolue dans un milieu où l’éthique est reléguée au rang de variable d’ajustement ?

Et pourtant, faut-il pour autant abandonner les salariés à leur sort ? Nombre d’entre eux sont eux-mêmes pris dans cette machine : parfois complices, souvent résignés, rarement maîtres du jeu. Ils vivent une forme d’aliénation silencieuse, entre confort matériel et inconfort moral. Certains tentent encore de faire leur travail avec conscience, d’autres ferment les yeux pour survivre, beaucoup se taisent, anesthésiés par la routine ou la peur de perdre.

Mais l’environnement est tel que l’indifférence morale devient la norme. C’est ce que le philosophe Hans Jonas appelait l’atrophie de la responsabilité dans les systèmes complexes.

Le syndicalisme dans ce contexte ressemble à une ligne de crête : défendre sans cautionner, résister sans trahir, parler sans se faire avaler. Il n’y a pas de pureté possible, mais il y a peut-être une forme de courage dans le fait de rester au contact, de protéger ceux qu’on peut, tout en gardant les yeux ouverts sur l’ensemble du tableau.

Ce n’est pas glorieux, ce n’est pas révolutionnaire, mais c’est parfois la seule digue avant l’effondrement total des repères. La question n’est peut-être pas de savoir s’il est possible de lutter contre le capitalisme depuis une banque, mais s’il est encore possible d’y rester humain.

Le système bancaire est le cœur du capitalisme mondialisé. Il en est le réacteur central, le système sanguin, le logiciel de domination.

Certains essayent de résister : Des syndicats combatifs (comme Sud ou la CGT), des lanceurs d’alerte (cf. Hervé Falciani, Nicolas Forissier...)... mais combien?

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