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Billet de blog 26 août 2023

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Pour une République Française convivialiste

Quand on veut faire cohabiter des humains d’horizons, d’origine, religion, ou de niveau de conscience différents, la république démocratique est probablement la moins mauvaise des organisations humaines, le plus petit dénominateur commun permettant momentanément d’assurer la survie digne de la communauté, mais la condition nécessaire est l’intégrité éthique de cette république...seulement voila...

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Quand on veut faire cohabiter des humains d’horizons, d’origine, religion, ou de niveau de conscience différents, la république démocratique est probablement la moins mauvaise des organisations humaines, le plus petit dénominateur commun (peau de chagrin) permettant momentanément d’assurer la survie digne de la communauté, mais la condition nécessaire est la légitimité éthique* de cette république Elle ne peut être dévouée qu’à la recherche de l’épanouissement de ce petit dénominateur commun déjà bien réduit par la force des choses, la corruption, dès lors où la recherche de la satisfaction d’intérêts privés est un poison mortel pour cette république, c’est notre problème aujourd’hui.

Privatisée par quelques-uns, la République est depuis longtemps devenue oligarchie. Une Oligarchie patriarcale sournoise et vicieuse, un système verrouillé par une poignée d’inconscients aveuglés par l’accumulation des richesses et le maintien des privilèges. Mais ce holdup n’a été possible qu’à l’aide de notre complicité à toutes et à tous.

Pourtant plus la collectivité évolue et s'instruit, plus les apparences sont difficiles à sauvegarder plus la caste dominante dans un sursaut de conservation pas forcément conscient fait montre de créativité pour se maintenir au pouvoir. Les médias jouent dans ce jeu un rôle déterminant pour maintenir l’illusion.

Ce régime politique dans lequel une personne ou un groupe de personnes exercent tous les pouvoirs de façon « absolue », sans qu'aucune loi ou institution autre que factice ne les limitent est une dictature ; En effet, la présence de lois, d’institutions, voire un parlement avec des députés élus, mais pas librement et ne représentant donc pas des contre-pouvoirs* n’est rien d’autre qu’un simulacre même sophistiqué.

*Hannah ArendtLa nature du totalitarisme, trad. Michelle-Irène Brudny de Launay, Paris, Payot, 1990.

On ne lutte pas contre la fraude fiscale par la violence mais par l’exemple d’intégrité.

On ne lutte par contre le harcèlement scolaire par davantage d'autorité.

M. Rosenberg : « Tout conflit est l'expression tragique d'un besoin insatisfait »

Les pauvres pantins oligarques tristes et aigris et leur armée de zombies technocrates desséchés dans leur humanité meurent dans la douleur en faisant reculer l’intelligence humaine.

Ainsi cette République du pis-aller, préalable indispensable à toute évolution n'est en aucune façon celle dont se réclament en permanence nos politiques contemporains corrompus marionnettes cyniques d'un capitalisme prédateur, elle est inconciliable avec la concentration des richesses entre les mains de quelques uns, elle ne peut être que bienveillante et irréprochable.

En conséquence de quoi, notre administration, qui n’est que l’expression noble du soin que nous pouvons nous accorder les uns aux autres est largement dévoyée, désincarnée, déshumanisée, anéantie vidée de sa substance.

Qu’est ce que la fonction publique ?

L’ambiance d'autogestion d’un mouvement militant, la vie au sein d'une ZAD, n'en déplaise à notre ministre intériorisé, correspond à n’en pas douter à l’esprit originel de la fonction publique, de s’occuper avec enthousiasme bienveillance et empathie de la communauté qui  en retour garanti vos moyens de subsistance. C’est cet esprit qu’on retrouve dans tous les évènements militants, cet état d’esprit qui veux qu’on veille au confort à la sécurité à l’alimentation et à l’enrichissement culturel de l’autre, c’est la substance même de la fonction publique depuis longtemps oubliée. La fonction publique est l’expression de l’intention, de l’essence de l’organisation sociale. Dans un régime oligarchique elle ne peut être que malveillante.  

Le projet collectif Républicain, pour ne pas être générateur de violence doit refléter le plus petit dénominateur commun validé par la collectivité. Le politique élu ne peut pas en profiter pour faire passer une ambition ou un projet plus large que ce consensus sacré (homo homini deus). Il en va de même pour l’opposition et même l’opposition de la rue. Seulement voilà, il n’est jamais respecté et la représentation majoritaire ne prends pas en considération les autres tendances, à fortiori marginales dans la définition du dénominateur commun. Cette république non démocratique construite sur des bases viciées ne peut fonctionner sans générer d’opposition violente, à mesure que les enjeux collectifs deviennent plus prégnants.

Cette République dévoyée et son corolaire le capitalisme trouve sa source dans le viol du consentement commun au Pacte social sacré. Elle impose un rapport de domination patriarcal, ignoble et violent par nature. La culture du viol y est institution. Peu importe les sursauts, les rares concessions les remords, les promesses de changement, elle ne peut se maintenir que par la violence institutionnelle et périr dans la violence.  

Cette république est génératrice de frustration pour ceux d’entre nous, qui portent une ambition, plus forte pour l’évolution ou la sauvegarde de l’humanité.

Les pauvres acquis sociaux de ces dernières décennies ne sont que chimères.

Et cette frustration est de plus en plus audible et de plus en plus insurmontable.

Il est plus que temps de prendre le pouvoir pour (re)fonder notre Contrat social, un pacte initial aux contours modestes mais dans lequel chaque parcelle de nous même se trouve respectée et se reconnaît. C'est sans doute le préalable indispensable à toute évolution. Ce Pacte nous le connaissons, nous l'apprenons dans nos écoles, nous n'avons pas à réinventer la poudre, c'est l'Intention qu'il nous faut changer, le Souffle, l'Anima. 

Cette intention pourrait utilement s'inspirer du "Principe de responsabilité" rédigé par Hans Jonas en 1979:

Dans Le Principe responsabilité, Hans Jonas propose un nouvel impératif.

« Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur Terre. »

En attendant, la tentation, autoritaire, la stratégie frontale, même bien intentionnée, ne peut conduire qu’à la violence et à l’émergence d’une force d’inertie au moins équivalente, c’est sans doute en ce sens que nous assistons actuellement à une poussée de fièvre de droite extrême.

On ne peut avoir raison... qu'ensemble et non les uns contre les autres.

 Si dans la Bible ou le Coran, le victorieux combat de David contre Goliath semble précisément rendu possible par la "Fronde" du fils du berger Isaï, dans notre réalité, toute avancée obtenue par la violence est illusoire. Cette lecture des textes anciens est biaisée. La fronde véritable n'est pas une arme physique, c'est un catalyseur. Le seul catalyseur humain efficace, c'est l'Amour

Ainsi, pour ceux dont l’impatience de vivre mieux ne peut être contenue, la seule solution viable reste la sécession en attendant des jours meilleurs.

Le Municipalisme libertaire de Bookchin peut en ce sens permettre de créer des sanctuaires vertueux et bienveillants au sein de cette abomination. Plusieurs expériences intéressantes ou tentatives voient le jour actuellement. Mais l'expérience est également génératrice de résistances, de peurs et finalement... de radicalité.

Dans cet écosystème chaotique l’Anarchie ne peut être qu’un idéal lointain.

Le projet convivialiste déjà beaucoup plus ambitieux pourrait devenir l'étape suivante, une évolution souhaitable et adaptée à notre temps.

https://convivialisme.org/en-quelques-mots/

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