Rima Hassan, seule contre tous, continue de plaider avec un courage immense pour la dignité des Palestiniens, en dépit des menaces et de la violence déclenchée contre elle par des fanatiques et une presse quasi unanime. Comment peut-on manquer à ce point de finesse et de discernement ? Comment un ministre de l’Intérieur peut-il être aussi ignorant au point de menacer ouvertement une élue pour son expression politique libre ? Cette situation est ubuesque, abracadabrantesque. Toute forme de complexité est abandonnée, au profit d’une pensée simpliste et grossière imposée à l’opinion française. Voici ce qu’il faut penser. Quelle bassesse. Quelle indignité, comme disait le chroniqueur Paul Bismuth.
Non, les propos de Rima Hassan ne sont pas sanctionnables. Ils sont parfaitement légitimes, pesés et argumentés. Il suffit de lire pour comprendre. Le Hamas, quoi qu’on puisse penser de l’islamisme, est un mouvement de résistance légitime dans son existence, mais condamnable dans certains de ses actes. Lorsqu’elle parle de crimes de guerre, c’est du droit.
On peut ne pas être d’accord, on peut discuter de l'opportunité d'agiter le chiffon rouge à un moment inopportun, mais c’est du droit. La qualification galvaudée de "terrorisme" est une qualification politique subjective, utilisée à outrance par ce gouvernement. En fait, tous les opposants à ce régime fasciste sont des terroristes. C’est simple, il n’y a pas à réfléchir.
Bruno Retailleau est un individu misérable dans sa pensée, grotesque dans ses actes et ses paroles. C’est un ministre militant d’extrême droite catholique, un croisé qui ne cache pas sa sympathie pour des mouvements nazis comme Némésis. Est-ce que quelqu’un a encore un peu de bon sens ? les français ont-ils vraiment envie d'être représentés par de petits êtres vociférant étriqués et apeurés?
Rima aurait pu aller plus loin et qualifier l’État d’Israël d'État voyou, terroriste, responsable d’un massacre injustifié et parfaitement illégal au regard du droit international. Elle s'est abstenue.
Mais dans cette pensée simpliste, il faut hurler avec les loups, ne jamais critiquer Israël sous peine d’être qualifié d’antisémite. Quelle tristesse. Oui, il faut vomir cet État dans la tournure infâme qu’il a prise. Oui, il est possible de critiquer cet État colonisateur et violent sans être antisémite. Oui, on peut reconnaître la légitimité du Hamas comme mouvement politique de lutte contre un occupant, tout en vomissant l’islamisme…
Tout comme on peut vomir cette meute de chiens errants qui condamne une élue dont la seule faute est de ne pas édulcorer ses propos. Après tout, un chat est un chat et un chien...
Un peu de droit :
Le fait pour un ministre de l’Intérieur de harceler et de disqualifier publiquement une élue de la République peut être constitutif d’abus de pouvoir, en fonction des circonstances et des actes commis. Plusieurs éléments juridiques peuvent être invoqués :
L’abus d’autorité contre un particulier (article 432-4 du Code pénal)
Un ministre est une autorité dépositaire de l’autorité publique. L’article 432-4 du Code pénal punit le fait, pour une personne exerçant une autorité publique, d’ordonner ou d’accomplir un acte arbitraire portant atteinte aux droits d’un individu.
👉 Si un ministre de l’Intérieur utilise sa fonction pour discréditer, menacer ou entraver l’expression d’une élue, cela pourrait relever de cet abus.
La diffamation ou l’injure publique
Si le ministre tient des propos diffamatoires ou injurieux à l’égard d’une élue, cela pourrait relever de la diffamation publique (article 29 de la loi de 1881 sur la liberté de la presse).
👉 Une élue peut poursuivre un ministre pour diffamation si ses propos portent atteinte à son honneur ou à sa réputation.
La mise en danger de l’intégrité physique ou morale
Si les attaques répétées du ministre provoquent une mise en danger de l’élue (harcèlement en ligne, menaces de mort par des sympathisants, etc.), une responsabilité pénale pourrait être engagée.
👉 Dans certains cas, cela pourrait être assimilé à du harcèlement moral (article 222-33-2 du Code pénal).
La violation du principe de neutralité et d’impartialité
Un ministre est tenu à une obligation de réserve et doit respecter le pluralisme politique. S’il utilise son poste pour discréditer systématiquement une élue sans fondement légal, il outrepasse son rôle.
👉 Cela pourrait être un motif de révocation sur décision du président ou du Premier ministre.
L’atteinte à la liberté d’expression et au débat démocratique
Les élus de la République disposent d’une immunité parlementaire dans l’exercice de leurs fonctions.
👉 Si un ministre cherche à entraver leur liberté d’expression politique, il peut être accusé de porter atteinte au débat démocratique.
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