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Billet de blog 29 janvier 2025

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Un cri dans hémicycle

Tout comme dans la fable des aveugles et de l’éléphant, cette histoire rappelle que la vérité est souvent plus large que les perspectives individuelles. Elle nous invite à l’humilité, à l’écoute, et au dialogue sincère. Elle nous parle de notre l’incapacité collective à construire une compréhension commune et une réponse coordonnée.

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Dans l'assemblée nationale d'un pays lointain, des hommes et des femmes sont assis, débattant des affaires du pays.

Au loin, un cri résonne — une femme pleure. Les larmes de cette femme, bien que lointaines, atteignent les murs de l’hémicycle, et chacun des élus commence à interpréter la raison de ce chagrin. Mais, comme dans la fable des aveugles et de l’éléphant, chacun projette ses propres préjugés, ses croyances et son agenda politique sur cette simple lamentation.

Le premier élu, touché par la tristesse qu'il perçoit, déclare : « Cette femme est sans doute désespérée parce qu’elle est pauvre. Elle a besoin de soutien matériel ! Nous devons augmenter les allocations, créer des aides pour les plus démunis.»

Un autre élu, d’un autre bord, intervient : « Non, cette femme doit appartenir à une minorité persécutée. Elle appelle à l’aide contre la discrimination. Ce que nous devons faire, c’est renforcer les politiques de justice sociale et d’égalité.»

Un troisième élu, technocrate et pragmatique, réplique : « Cette femme ne devrait pas pleurer car ses allocations sont strictement proportionnées à ses besoins, elle est simplement capricieuse et assistée. Voila le résultat d'un Etat-providence trop généreux»

Un quatrième, exaspéré, s’emporte : « Arrêtez vos bêtises ! Cette femme pleure, n'est ce pas, parce que ce sont les étrangers qui profitent des aides qui devraient revenir aux Français. C’est à cause de ces abus qu’elle est dans une telle situation. Il faut réserver les aides aux nationaux !»

Un cinquième élu, d'inspiration libertarienne, rétorque : « Non, cette femme pleure parce que nos impôts sont élevés, et elle souffre de la pression fiscale. Si elle pleure, c’est parce que l’État dépense trop. Il faut réduire la dépense publique !»

Un dernier élu, obsédé par la sécurité, prend la parole : « Vous êtes tous aveugles. Cette femme pleure parce qu’elle a été victime d’un viol. C’est l’insécurité qui détruit nos citoyens. Et si nous avons cette insécurité, c’est à cause de la présence des étrangers. Nous devons rétablir l’ordre et expulser ceux qui menacent notre pays.»

Puis épuisés et affamés par toute cette agitation, ils vont déjeuner.

Les élus, enfermés dans leurs idéologies respectives, se querellent, chacun affirmant que sa propre vision est la seule véritable explication du chagrin de cette femme. Mais dans leur agitation, aucun ne propose d’aller à la rencontre de cette femme pour l’écouter, comprendre son histoire et discerner la véritable raison de ses larmes, afin peut être de pouvoir un jour lui apporter l'aide qu'elle demande.

Naturellement Toute ressemblance avec des faits et des personnages existants ou ayant existé serait purement fortuite et ne pourrait être que le fruit d'une pure coïncidence ***

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