LEMAIRE aiguise ses crocs dans l'enseignement privé catholique.
Plus tard, parcours banal, Louis-le-grand, Normal sup, agrégé de lettres modernes, sciencepo et enfin l'ENA. Bruno est ce qu'on appelle vulgairement un "manuel".
Bruno connait la vie, il est donc fin prêt à prendre soin de ses concitoyens auxquels il voue un profond respect.
Principal fait d'arme : un mémoire sur « La statuaire dans À la recherche du temps perdu ». Sans doute un sujet prémonitoire pour la suite de sa carrière.
En 1998, à sa sortie de l'ENA, Bruno Le Maire entre au ministère des Affaires étrangères, à la Direction des affaires stratégiques, de sécurité et du désarmement. Succès total, on peut s'en féliciter aujourd'hui.
En juillet 2006, il est nommé directeur de cabinet du Premier ministre. Il reste à cette fonction jusqu’au départ de Dominique de Villepin en 2007. À ce poste, il suit notamment la privatisation des autoroutes conclue en 2006. Un véritable succès, les français le remercient encore aujourd'hui.
En 2019, alors promoteur de la privatisation d'Aéroports de Paris en tant que ministre de l'Économie, il reconnaît lui même que « des erreurs ont été faites » à l’époque par manque de « garantie suffisante », et indique en avoir « tiré les leçons » (faute avouée...). Il est sans doute légitime de souligner qu'il est par ailleurs le beau-frère d'Augustin de Romanet, PDG du groupe aéroport de Paris depuis 2012.
Il devient un grand ministre ingénu de l'Agro industrie, déclarant en 2010 à l'occasion d'un projet de loi de modernisation "En effet, nous ne pouvons pas continuer à accepter qu'un kilo de fruits ou de légumes, dont le coût de revient pour le producteur est de 60 centimes d'euro, soit vendu à perte par celui-ci à 40 centimes d'euro et se retrouve ensuite commercialisé, dans la grande distribution ou ailleurs, à 1,60 euro, 1,70 euro, voire 2 euros, ce qui ne permet pas à l'agriculteur de couvrir son propre coût de production. Ce n'est pas possible !" Encore un grand succès, on le constate aujourd'hui.
A son actif aussi l'échec de la fusion-acquisition d'Alstom Transport par Siemens, dont il fut un ardent défenseur, il se déclare favorable à la refonte du droit européen de la concurrence...
Rejeté par les urnes # avec BLM affiche pourtant un ambitieux programme :
- suppression de l'impôt sur la fortune ;
- suppression du droit de certains syndicats à être seuls à pouvoir présenter des candidats au premier tour des élections syndicales ;
- réduction des indemnités chômage et du revenu de solidarité active ;
- la mise en place de « petits boulots » payés à hauteur de 5 euros par heure, pour les bénéficiaires des minima sociaux.
Il déclare également vouloir, en cas d’élection, « gouverner par ordonnances […] au lieu de négocier avec les syndicats »
Quelques années plus tard en 2016, lui-même rémunéré à plus de 130 000 euros net par an, il considère la classe politique « mal rémunérée ».
Le 21 juin 2017, il est nommé ministre de l'Économie et des Finances dans le gouvernement Édouard Philippe II. Son directeur de cabinet est Emmanuel Moulin, passé par la direction générale du Trésor, Eurotunnel et la banque d'affaires Mediobanca, ancien directeur de cabinet adjoint de Christine Lagarde à Bercy, ex-conseiller économique de Nicolas Sarkozy au palais de l’Élysée, et ami d’Alexis Kohler, secrétaire général de l'Élysée45,46. Son directeur de cabinet adjoint est Bertrand Dumont, lui aussi ancien du Trésor, passé par la banque HSBC45. Le journaliste Laurent Mauduit estime, au regard de ces nominations, que « tout l'encadrement du cabinet du ministre vient de la banque privée » et qu'il n'y a « rien d'excessif à constater que la finance a procédé à une véritable colonisation de l'État »...
Le 25 janvier 2023, Le Canard enchaîné révèle dans un article que Bruno Le Maire aurait ignoré un rapport de l'Inspection générale des finances qui soulignait les surprofits des deux plus importants concessionnaires autoroutiers et préconisait une baisse des tarifs des péages et un raccourcissement des concessions en cause afin de récupérer une partie des 55 milliards d'euros de « rente indue »... (encore les autoroutes).
Parallèlement Bruno est soupçonné de diffuser des préjugés raciaux en exprimant une volonté de lutter contre la fraude sociale, avant même de s'intéresser à la fraude fiscale.
Son épouse bénéficie d'un emploi fictif grassement rémunéré en qualité d'attachante parlementaire... comment taire?
En bref, celui qui au commandes depuis de nombreuses années a multiplié les échecs et les mauvaises décisions, veut en finir avec l'état providence, réduire les dépenses de santé et les prestations sociales, remettre les feignasses de vieux et de cassos au boulôt, peu importe les conditions...
BLM, force est de constater ... "Quand on a un bon culot, ça suffit, presque tout alors vous est permis, absolument tout, on a la majorité pour soi et c'est la majorité qui décrète de ce qui est fou et de ce qui ne l'est pas."
Voyage au bout de la nuit (1932)
- de
Louis-Ferdinand Destouches, dit Céline