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Billet de blog 30 mars 2025

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Et si on arrêtait de se battre pour mieux avancer ?

On connaît l’allégorie des aveugles et de l’éléphant. Chacun touche une partie de l’animal — une trompe, une patte, une oreille — et en tire une vérité : “l’éléphant est une corde”, “non, c’est un tronc”, “c’est un éventail”… Chacun a raison, et en même temps, tous ont tort — car chacun ne perçoit qu’une facette, croyant avoir saisi la totalité.

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Ce blog est personnel, la rédaction n’est pas à l’origine de ses contenus.

Ainsi vont nos luttes sociales, nos oppositions politiques, nos débats de société. Chacun parle depuis son expérience, sa blessure, sa peur, sa vérité sincère. Mais cette sincérité devient exclusion dès lors qu’elle ne laisse plus de place à celle de l’autre. On ne se parle plus pour se comprendre, mais pour imposer. Et plus la force de l’argument est grande, plus elle génère en face une résistance proportionnelle, souterraine parfois, dévastatrice plus tard.

On l’a vu mille fois. Des avancées sociales imposées sans dialogue profond, sans écoute des peurs de l’autre, finissent par s’effondrer sous les coups de boutoir d’un retour de balancier : Trump, Bolsonaro, les vagues réactionnaires, les replis identitaires. Tout revient, tout s’annule. Et le sentiment amer d’un retour au point de départ.

Alors… faut-il continuer à lutter contre l’autre ? Peut-être pas.

Peut-être que le véritable dépassement ne viendra pas d’une victoire idéologique, mais d’un changement radical de regard.

Et si l’autre — celui que je combats, que je crains, que je méprise — était un enseignant ? Non pas un maître qui m’impose une leçon, mais un frère, une sœur, aussi perdu·e que moi, aussi lumineux·se que moi. Un être qui détient, lui aussi, une part de vérité, même si je ne la comprends pas. Même si elle me dérange.

C’est là que tout peut basculer.
Quand je ne considère plus l’autre comme un obstacle, mais comme un miroir.
Quand je reconnais, avec humilité, que nous sommes deux malades qui se portent l’un l’autre.
Quand j’arrête de vouloir “avoir raison” et que je choisis plutôt d’aimer malgré tout.

C’est peut-être ça, l’éveil collectif.
Sortir du rêve de la domination, pour entrer dans le réel de la relation.
Et redonner à des mots oubliés leur sens sacré :
religion, du latin religare, relier.
yoga, union.
islam, soumission — non à un pouvoir, mais à la vérité de notre interconnexion.

Quand l’affrontement cesse, l’amour peut commencer. C'est pas un gros mot 🙂


Et là, seulement là, un vrai changement devient possible?

Bruno Retailleau, je t'aime mon lapinou.

Giedre : Grosses Papouilles

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