Les chiens de garde du pouvoir doivent rejoindre le Hirak pour le salut de la Nation

Le Hirak vit, respire, et il est en train de maintenir le pouvoir sous pression permanente et le forcer à se réfugier dans ses derniers retranchements, ceux de la violence et de la fuite en avant. Les seuls slogans qui lui sont indispensables aujourd’hui sont inéluctablement l’incitation de ses chiens de garde à le rejoindre dans la lutte.

Il est temps pour les chiens de garde de rejoindre le Hirak pour le salut de la Nation

-Youcef Benzatat-

Le Hirak a mis à nu le vrai visage du pouvoir qui est détenu de tout temps depuis l’indépendance par les Généraux les plus puissants du commandement de l’armée. Il a dévoilé au grand jour les réseaux de corruption et de détournements des biens publics dont ils sont les principaux responsables. Il a démontré que le développement du pays et son rayonnement est le dernier de leurs soucis. Il a démontré qu’ils n’ont nulle intention de restituer le pouvoir au peuple, ni de se soumettre à une autorité civile issue des urnes, ni de se soumettre à la Constitution et qu’ils sont déterminés à continuer à exercer le pouvoir par la force. La prison, la matraque, le révolver, la kalachnikov, les chars et les hélicoptères sont le seul moyen dont ils disposent pour garder le pouvoir. Ils doivent protéger leurs réseaux de corruption et de détournement des biens publics par le seul pouvoir des armes. Ils ont une armée de soldats, d’officiers et de sous-officiers, des policiers, des gendarmes, qu’ils payent et entretiennent chèrement pour exécuter les sales besognes, celles de réprimer la colère et la révolte du peuple. Ils ont les moyens financiers pour soudoyer les étrangers pour fermer les yeux sur leur hogra de leur propre peuple. Ils ont aussi les moyens pour soudoyer les pays voisins pauvres comme la Tunisie pour qu’elle ne puisse pas dénoncer leur hogra et de servir de base arrière à la révolte du peuple par solidarité. Les millions d’Algériens et d’Algériennes qui sortent périodiquement les dénoncer, les vendredis et les mardis de chaque semaine depuis un an maintenant, n’aura aucun effet sur leur attitude. Ils n’ont rien d’autre à faire que de gérer la rente pour pouvoir continuer à s’en servir abusivement dans l’impunité totale et de contrôler le lâcher de leurs chiens de gardes, tous ces militaires, policiers et gendarmes, qu’ils engraissent par des miettes de la cagnotte de la rente, pour réprimer et contenir la colère et la révolte du peuple. Ces chiens de garde, qui font leur sale boulot, constituent en même temps leur force de frappe, et de ce fait, ils constituent aussi et surtout leur point faible et leur talon d’Achille. Sachant cela, le peuple doit se concentrer à adopter des stratégies pour influencer la démobilisation de ces chiens de garde et leur retournement contre leurs propres employeurs, pour l’intérêt suprême de la Nation et de son peuple. Certes, la tâche n’est pas aisée, parce que beaucoup de ces chiens de gardes sont lourdement impliqués eux aussi dans les réseaux de corruption et de détournement des biens publics. Mais il ne faut pas perdre de vue que l’immense majorité de ces chiens de gardes sont innocents et ne prêtent leur service qu’en échange d’un salaire conséquent et de petits avantages insignifiants, comme le logement, pour prendre en charge la subsistance de leurs familles et leur garantir la sécurité nécessaire pour leur survie. Beaucoup de Généraux, Colonels, Commandants, Capitaines et lieutenants de l’armée, de la police, de la gendarmerie, des douanes, sont assurément intègres et sont prêts à rejoindre le peuple pour assainir la morale publique. Mais ces braves personnes sont eux aussi pris au piège de la survie, pour eux et leurs familles. Ceci est valable aussi pour les cadres et les simples employés de l’administration. Il faut les aider tous, militaires, forces de sécurité et civils affectés dans l’administration, à prendre conscience du rôle qu’ils peuvent jouer et la place privilégiée qu’ils occupent, pour le rétablissement de la morale publique et le salut de la Nation. Les amener à rejoindre le Hirak avec courage et abnégation en se tenant prêt à assurer la continuité de l’état pour éviter son effondrement. Le Hirak aujourd’hui, un an après son déclenchement, n’a plus besoin de slogans mobilisateurs, car le peuple est irréversiblement démobilisable et conscient des enjeux, de sa situation et des objectifs à atteindre pour parvenir à recouvrer sa liberté et sa dignité. Le peuple sait désormais ce qu’il veut et avec qui le faire. Les naïfs qui lui reprochent d’être un mouvement inconsistant et éphémère pour ne pas avoir pu s’organiser et se structurer ne tiennent pas compte de la détermination du pouvoir à ne vouloir rien céder et qu’il est prêt à user de toutes les armes en sa possession pour maintenir son contrôle sur la rente pour ses propres intérêts. Ceux qui le considèrent comme avoir échoué et qu’il est fini et ne fait que vivre ses derniers instants sont en vérité désintéressés de la lutte par ce qu’ils sont bien lotis et le statu quo ne les dérange nullement, au contraire, ils y trouvent leur compte. Le Hirak vit, respire et il est en train de maintenir le pouvoir sous pression permanente et le forcer à se réfugier dans ses derniers retranchements, ceux de la violence et de la fuite en avant. Les seuls slogans qui lui sont indispensables aujourd’hui pour atteindre ses objectifs et renverser définitivement la junte qui prend en otage ses biens, son état, son armée et son destin sont inéluctablement l’incitation de ces chiens de garde de renouer avec leur dignité et à le rejoindre dans la lutte pour éviter le naufrage de la Nation et permettre sa résurrection parmi les peuples libres et les grandes Nations.

Y.B.

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