Tu ne gagneras pas cette dernière bataille mon Général !

On ne gagne plus de guerre contre son peuple de nos jours mon Général.

Tu ne gagneras pas cette dernière bataille mon Général !

-Youcef Benzatat-

Tu ne gagneras pas cette dernière bataille contre ton peuple mon Général. Aussi démuni qu’il soit, il s’est doté cette fois-ci de l’arme la plus puissante, la plus sophistiqué, celle qui lui faisait défaut dans les batailles qui ont précédés avant de la retrouver dans l’union de sa force pour affirmer sa volonté de vivre libre. Ton armée est impuissante mon Général devant son arsenal. On ne gagne pas une bataille contre l’espoir de tout un peuple de vivre souverain. Tu lui as imposé autant de batailles depuis un demi-siècle, tu les as toutes gagné, mais celle-ci t’a déjà mis en déroute. Tu ne sais plus quelle tactique ni quelle stratégie employer. Tes policiers déambulent hagards comme des zombies égarés les mardis et les vendredis sous la clameur des millions de soldats de sa nouvelle armée pacifique et rigoureusement organisée, te harcelant et te sermonnant de lui restituer son état, son armée et sa souveraineté. Son unité retrouvée et sa détermination à t’affronter sont plus puissantes que ta police, ta gendarmerie et tous les soldats de ton armée. Ne le vois-tu pas uni comme un seul homme, uni autour d’un seul mot d’ordre, mettre fin à ton insolent état militaire. Ne l’entends-tu pas scander l’état civil sans s’y détourner. Ne le voit-tu pas déployé sur tout le champ de bataille sans un brin de doute de se replier, en ayant pris possession de son pays et de son destin, matérialisant sa conquête par des chants tranchants, plus puissants que ta propagande, tes menaces et tes arrestations. Tes ruses sont devenues des babillements de nouveaux nés qui n’excitent tout au plus que sa curiosité. Surtout lorsque l’épouvantable épouvantail que tu as dressé dans le Palais où devait siéger celui qui devrait le représenter lui promet de satisfaire sa volonté. Lorsque l’on abdique dans une guerre on se retire mon Général, on ne promet pas à son adversaire d’embellir sa victoire ni de réformer son code de conduite. Abdique mon Général sans te couvrir de plus de ridicule et prends tes valises en emportant le plan d’action que les laboratoires de tes services ont concocter dans l’obscurité et laisse la Constitution à ses représentants s’en occuper. Tu ne gagneras pas cette dernière bataille mon Général, tes tactiques et ta stratégie sont devenus obsolètes. Elles appartiennent aux armées du passé. Les armées aujourd’hui se battent pour la souveraineté de leur pays et non pas retourner leurs armes contre leurs propres peuples. On ne gagne plus de guerre contre son peuple de nos jours mon Général.

Y.B.

 

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