Le 22 février n’est pas une fête, c’est l’aube d’une révolution permanente…

On ne cache pas le soleil par un tamis mon Général ! La digue a cédé sous la pression de ton immoralité. Tes barrages aux entrées des villes en cette veille du 22 février ne sont que colmatages dérisoires. Le déboulé est dans les têtes mon Général et ne peut être colmaté par la kalachnikov.

 

Le 22 février n’est pas une fête mon Général, c’est l’aube d’une révolution permanente…

-Youcef Benzatat-

En décrétant le 22 février journée nationale, Tebboune, le porte-voix de la junte, s’est mué effrontément en porte-parole du hirak, comme si celui-ci était un mouvement de foule à l’origine de son ascension aux antichambres des casernes. En se faisant passer pour le leader de cette foule qu’il voudrait éternellement les nuques brisées, prêtes à se soumettre de nouveau au dictat de la junte. Faisant la sourde oreille et le dos rond aux clameurs émanent des entrailles d’une population en effervescence, qui ne cesse de lui opposer à la face not my président, dawla madania machi askaria.

Oui monsieur le vigile des antichambres des casernes, tu n’es le Président de personne, si ce n’est le pantin dépourvu de toute apparence singulière d’homme présent à lui-même. Tu n’es qu’un instrument au service de réseaux cupides, liberticides et sanguinaires, que le hirak maudit tous les vendredis et mardis sans discontinuer depuis le 22 février que tu prétends élever au rang de fête nationale. Sourd, aveugle, mais trop bavard. Tu prétends construire un imaginaire politique et social qui renforcerait l’idée que tu es bel et bien le Président élu par ce hirak même qui te dénies toute existence politique. A qui voudrait tu faire croire que le 22 février est un embrasement advenu pour changer le papier peint des antichambres du système ? Grace aux NTICS, tout Algérien et toute Algérienne sont devenus des militants politiques, des opposants en puissance et dotés d’une conscience citoyenne mille fois plus lucide que tu n’es présent à toi-même, qui est plongé dans la laideur du déni et du mensonge. L’idée est bonne t’ont-ils dit. Anticiper et s’approprier la mise à mort du système pour que celui-ci puisse renaître de ses cendres à l’insu d’un ghachi qu’ils croient toujours avili.

On ne cache pas le soleil par un tamis mon Général ! La digue a cédé sous la pression de ton immoralité. Tes barrages aux entrées des villes en cette veille du 22 février ne sont que colmatages dérisoires. Le déboulé est dans les têtes mon Général et ne peut être colmaté par la kalachnikov aux entrées des villes. Le 22 février n’est pas une fête comme le prétend ton pantin avide de gloire, c’est une Révolution mon Général ! Une glorieuse Révolution qui a la particularité de tout emporter sur son passage, ta hogra, ta cupidité et tes calculs égoïstes au détriment du rayonnement de notre Patrie éternelle. Ne reste au fond des rivières que leurs pierres, diraient nos ancêtres aux colons ayant sévi avant ton advenue.

Comment ose-tu mon Général et par quelle audace prétends-tu moraliser le pays, alors que ton pouvoir illégitime est par essence et constitutionnellement immoral, pour avoir volé le destin du pays et du peuple qui s’y trouve ? Alors que le 22 février avait décrété ton pouvoir usurpé et de t’exiger de le lui restituer et de déposer tes armes une fois pour toute, pour que de son émanation advienne la justice et la gouvernance civile légitime, seules conditions à toute moralité effective. Il est sans espoir mon Général de s’entêter à vouloir trouver au sein du hirak des crédules pour croire à ta vile ruse de l’immoral qui voudrait moraliser ses actes immoraux par l’appropriation de l’indignation de sa victime. Les jeux sont finis mon Général, it’s Game over. Toute tentative de ta part à vouloir étouffer l’avènement de la justice et de la liberté dans notre pays, prendrait la forme du serpent fou qui voudrait avaler sa propre queue.

Y.B.

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