Frédéric Lordon, victime du coronavirus ?

Les derniers textes du philosophe révolutionnaire de la fonction publique d'Etat inquiètent ses lecteurs qui le suspectent d'être atteint d'une des formes les plus aigües du covid-19 : la forme neurologique.

Bien sûr l'utilisation récurrente - on peut dire maintenant obsessionnelle - du terme "sociopathe" à l'encontre de ses adversaires politiques nous avait déjà alertés sur les failles et les blessures intimes du héros des nuits debout et des apéros géants, mais l'apparente rationalité du reste de ses propos pouvait laisser penser qu'il ne s'agissait finalement que d'un excès de langage dû à la passion et à l'enthousiasme de l'intellectuel exalté. Malheureusement, les textes les plus récents de l'illustre empuissantiseur d'affects nous feraient désormais plutôt pencher pour une forme de lapsus, d'appel au secours, de cri de souffrance et qu'en définitive c'est de LUI qu'il parle lorsqu'il écrit ce curieux mot de "sociopathe".

Car ne voilà-t'il pas qu'il trépigne, menace, vilipende, invective, recommence à vouloir faire peur (sa vieille marotte) et se venger du mal qu'on ne lui a pas fait, invente des mondes ubuesques en forme de mjc géante, avec media au garde à vous et peuple policier ?

D'un point de vue clinique on notera une indiscutable (et assez poignante, il faut bien le dire) aggravation d'un état psychique qui n'a probablement jamais été bien vaillant. Le syndrome de la Tourette tout d'abord, avec les "connards" criminels en mars. Le délire mégalomaniaque en mode "quand je serai président" le 7 avril et enfin la crise violente de vendredi dernier avec menaces explicites : après le confinement on casse tout (avec des masques).

Le texte du 7 avril intitulé "Orientations" qui est sans conteste le plus éclairant de la série, car le plus délirant, mérite une attention particulière. Il nous décrit "le monde d'après"tel que Frédéric 1er le voit et l'angoisse profonde qui en émane, le délire totalitaire qu'il exprime laisse peu de doutes quant au diagnostic qu'il s'agit de poser sur la psychée tourmentée - mais néanmoins étonnamment lisible - de l'ardent zélateur du système d'information poutinien.

La quatrième partie de ce texte inspiré et visionnaire est particulièrement croquignolette.

Lordon, qui sait donc tout, tout de la vie, des nôtres, des vôtres et de la sienne nous y dévoile "la fin véritable de la vie commune : le développement des puissances créatrices de tous".

Si par malheur, vous aviez une autre idée de la fin véritable de la vie commune (genre : s'en payer une bonne tranche) oubliez sur le champ, sinon gare à vous, vous serez IPSO FACTO traité comme un mauvais sujet, une vipère lubrique, voire un-e SOCIOPATHE. Car, poursuit-il juste après : 

"Quiconque cultive son esprit tend IPSO FACTO à cultiver celui des autres. Il est par là utile à la société et encouragé par elle"

Et si jamais vous venait l'idée saugrenue de NE PAS vouloir cultiver votre esprit - ou en tout cas pas de façon susceptible de plaire à Freddy le Terrible, par exemple en lisant un article du Monde - vous vous rendriez IPSO FACTO inutile à la société et donc, subséquemment, pas encouragé par elle.

Ce que signifierait "ne pas être encouragé par la société", c'est un mystère, mais vue la pente sur laquelle nous voilà entraînés, il y a fort à parier que cela passe par une forme particulièrement raffinée de confinement. De confinement POPULAIRE.

On pourrait encore se délecter de ces phrases que n’aurait pas reniées Big Brother « Les médias, instruments de servitude, de conformisme et d’abêtissement dans la société antérieure, recevront une attention particulière. Ils seront strictement tenus à la mission inscrite dans leur nom même », mais la lassitude nous vient tout à coup en même temps que l’indulgence aussi, car, reconnaissons-le, en plus d’avoir "construit une peur politique massive" Frédéric Lordon nous aura quand même bien fait rigoler…

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