Il faut inventer autre chose ? La délégation générale révocable (DGR) ! Comme outil de la révolisation !

 Il faut inventer autre chose .........

demande un lecteur de Médipart  MICHEL BOREL.

Voilà quelle est ma réponse....

Je vous propose de vous associer, librement, à 24 personnes.
Vous désignerez l'un d'entre vous en tant que délégué de base.
Son pouvoir se limite au soutien que 24 personnes lui accorderont (si vous quittez le groupe et qu'un autre 25° ne vous remplace pas, il n'est plus rien.)
Votre délégué de base (donc révocable à tout moment) pourra s'associer à 24 autres délégués de base.
Ce groupe de 25 personnes représentera donc 625 délégateurs de base. (délégateur est un mot oublié ! rien d'étonnant !)
Ce groupe de 25 délégués de base pourra désigner un délégué de conseil.
En 1905, il fallait 500 personnes pour avoir un délégué de Soviet à Petrograd.
Trotsky raconte l'invention des soviets et du quota :
Je parvins à Pétersbourg au plus fort de la grève d'octobre. Le mouvement ne cessait de s'élargir, mais il y avait danger qu'il échouât, n'étant pas encadré par une organisation de masse. J'arrivai de Finlande ayant établi le plan d'une organisation électorale sans parti, qui compterait un délégué pour mille ouvriers. L'écrivain Iordansky, qui devait être plus tard ambassadeur des Soviets en Italie, m'apprit, le jour même de mon arrivée, que les menchéviks avaient déjà lancé le mot d'ordre d'un organe électoral révolutionnaire ayant un délégué pour cinq cents ouvriers. C'était juste. Ceux des membres du comité central bolchevik qui se trouvaient alors à Pétersbourg s'opposèrent résolument à une organisation électorale indépendante des partis, craignant qu'elle ne fît concurrence à la sociale-démocratie. Les ouvriers bolcheviks n'avaient pas du tout la même appréhension. Les sphères supérieures du bolchevisme se conduisirent en sectaires à l'égard du soviet jusqu'à l'arrivée de Lénine qui eut lieu en novembre. On pourrait écrire un chapitre édifiant sur la direction que donnèrent les "léninistes" en l'absence de Lénine. Celui-ci était supérieur à ses disciples à un tel degré que, devant lui, ils se sentaient comme exemptés de la nécessité de résoudre par eux-mêmes les problèmes de théorie et de tactique. Leurs communications avec Lénine avait été coupées à une minute critique, ils furent stupéfiants d'impuissance. Il en fut ainsi durant l'automne de 1905. Il en fut ainsi au printemps de 1917. En ces deux périodes comme en bien d'autres cas d'une moindre importance historique, les masses du parti saisissaient beaucoup plus justement, par intuition, la ligne à suivre que les demi-leaders livrés à eux-mêmes. Si Lénine rentra un peu trop tard de l'étranger, ce fut une des causes pour lesquelles la fraction bolchevique ne réussit pas à prendre une position dirigeante dans les événements de la première révolution.(Léon Trotsky : "Ma vie")
Ce délégué de conseil sera donc contrôlé en permanence par ses 24 collègeus - délégués de base.
Et donc révocable à tout moment par la procédure précédente.
On pourra réitérer le processus avec
délégué-député représentant 25^3 = 15 625 personnes
délégué national représentant 25^4 = 390 625 personnes
délégué international représentant 25^5 = 9 765 625 personnes (près de 10 millions)
délégué mondial représentant 25^6=244 140 625 (250 millions de délégateurs)
5 milliards de délégateurs seraient représentés par 20 délégués mondiaux..... revocables par 500 délégués internationaux ..... révocables par  12 500 délégués nationaux..... révocables par 312 500 délégués députés..... révocables par 78 125 00 délégués de conseil.... révocables par 195 312 500 délégués de base..... révocables par 4 882 812 500 délégateurs....

Le soviet de Petrograd en 1917.


Ce système de délégués est issu des mouvements populaires (qui ne fonctionnaient jamais avec des élections mais avec la révocabilité permanente). Il est une amélioration du système de la Commune de Paris (un délégué député révocable pour 15000) et du système des Soviets 1905

Wikipédia Commune de Paris Élections

L'attitude ferme de Thiers et de l'Assemblée nationale fait échec aux tentatives de négociation. Les maires d'arrondissement et les députés de la Seine acceptent alors de cosigner avec le Comité central le texte appelant les électeurs parisiens à se rendre aux urnes.

92 postes de conseillers sont à pourvoir au scrutin de liste par arrondissement. Chaque arrondissement dispose d'un conseiller par tranche de 20 000 habitants et par fraction de plus de 10 000, ce qui donne la répartition suivante :

  • 2 pour le XVIe
  • 3 pour les XIVe et XVe
  • 4 pour les Ier, IIe, VIIe, VIIIe, XIIe, XIIIe et XXe
  • 5 pour les IIIe, IVe, Ve, VIe, IXe et XVIIe
  • 6 pour le Xe
  • 7 pour les XIe, XVIIIe et XIXe

Pourquoi un tel système est-il à l'ordre du jour ?
Parce que l'heure de l'abolition de toute spoliation est à l'ordre du jour.
Par que l'heure sonne de mettre fin au commerce des hommes, des biens meubles et au commerce des idées. Le libéralisme sera développé à grande échelle. Mais sur les seuls objets mobiliers.
Mais pour que ce libéral-égalitarisme puisse étendre ses ailes de géant sur toute la surface de la Terre, ce seront 4 révolutions sociales principales qui seront nécessaires, une révolution scientifique et une révolution philosophie.
Tout cela sera accompagné d'une révolution pédagogique à grande échelle.
La révolisation - la révolution de civilisation - sera ce processus global.
D'une ampleur encore plus grande que la "Révolution Permanente" que prévoyaient Trotsky et Parvus en janvier 1905.
Même si cette analyse géniale est la mère de la théorie de la révolisation. Quand bien même le post-marxisme lui donnera tort.... en lui donnant raison :

La demi-victoire de la grève d'octobre, indépendamment de son importance politique, eut pour moi une inappréciable signification théorique. Ce ne furent ni l'opposition de la bourgeoisie libérale, ni les soulèvements spontanés des paysans, ni les actes de terrorisme des intellectuels qui forcèrent le tsarisme à s'agenouiller: ce fut la grève ouvrière. L'hégémonie révolutionnaire du prolétariat s'avéra incontestable. J'estimai que la théorie de la révolution permanente venait de sortir avec succès de sa première grande épreuve. De toute évidence, la révolution ouvrait au prolétariat la perspective de la conquête du pouvoir. Les années de réaction qui allaient bientôt suivre ne purent m'obliger à abandonner ce point de vue. Mais j'en tirais aussi des conclusions pour l'Occident. Si telle était la force du jeune prolétariat en Russie, quelle ne serait pas la puissance révolutionnaire de l'autre prolétariat, celui des pays les plus cultivés ?

Lounatcharsky, avec l'inexactitude et la négligence qui lui sont propres, a, plus tard, caractérisé ainsi ma conception révolutionnaire :

"Le camarade Trotsky avait adopté -en 1905- ce point de vue que les deux révolutions -bourgeoise et socialiste- sans coïncider, sont liées entre elles, de sorte que nous avons devant nous une révolution permanente. Etant entrée dans la période révolutionnaire par un coup d'État de la bourgeoisie, la portion russe de l'humanité, et, avec elle, le monde entier ne pourront sortir de cette période avant le parachèvement de la révolution sociale. On ne peut nier que le camarade Trotsky, en formulant de telles idées, ait fait preuve d'une grande perspicacité, bien qu'il se soit trompé pour une quinzaine d'années."

La remarque faite au sujet de mon erreur portant sur une quinzaine d'années n'en est pas devenue plus profonde parce qu'elle a été reproduite par Radek. En 1905, toutes nos prévisions, tous nos mots d'ordre étaient calculés sur une perspective de victoire, et non de défaite, de la révolution. Nous ne parvînmes alors à réaliser ni la république, ni une réforme agraire, ni la journée de huit heures. Cela signifie-t-il que nous nous trompions quand nous formulions de telles revendications? L'échec de la révolution ferma toutes les perspectives et non pas seulement celle que j'ai indiquée. Il ne s'agissait pas de fixer des délais; il s'agissait d'analyser les forces intérieures de la révolution et d'en prévoir les progrès d'ensemble.(Léon Trotsky : "Ma vie")

Toute action d'être libre nécessite une théorie scientifique, un programme et un mode d'organisation.
Il en découle une stratégie et des tactiques.
C'était la conclusion de mon article "Bonne année !"

 

 


COMPLEMENTS
Wikipédia : Le mandat impératif:

- dans la pratique collective des peuples.

La Commune de Paris de 1871, fut une période courte où fut expérimenté le mandat impératif. Dans son appel aux électeurs du 22 mars 1871, le Comité central de la Garde nationale, installé à l'Hôtel de Ville depuis la soirée du 18 mars, précise sa conception de la démocratie : "Les membres de l'assemblée municipale, sans cesse contrôlés, surveillés, discutés par l'opinion sont révocables, comptables et responsables". Lorsque les ouvriers boulangers, qui viennent d'obtenir la suppression du travail de nuit, se rendent à l'Hôtel de ville remercier la Commune, le journal Le Prolétaire les tance vertement : "Le peuple n'a pas à remercier ses mandataires d'avoir fait leur devoir [...] Car les délégués du peuple accomplissent un devoir et ne rendent pas de services."


Lors de la révolution sociale espagnole de 1936, et spécialement en Catalogne, des villages ou collectivités fonctionnaient par le mandat impératif, et organisaient à grande échelle ce principe.

La commune d'Atenco, de 2001 à 2003, au Mexique, a eu une période de deux années où il fut également expérimenté ce mode de fonctionnement, avant que l'État Mexicain n'impose, avec l'aide de l'armée, un maire à la commune et une répression par la suite.

Dans la Kabylie, en Algérie, durant les années 2000, la révolte dite du « printemps noir » amena des communes à se gérer parfois avec le mandat impératif.

- par ailleurs

Les députés des États généraux de la France recevaient un mandat impératif de leurs commettants.

En Ukraine, l'introduction de possibilités de révocation d'élus (par les électeurs ou les partis) a été considérée par le conseil de l'Europe comme étant « incompatible avec la doctrine traditionnelle et généralement acceptée de la démocratie représentative » et « contraire aux normes européennes »5.

-Dans la constitution de la Ve République, en France : « Tout mandat impératif est nul » (voir Constitution de la France (Ve République), Titre IV - le Parlement, article 27).

 

 

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